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27.10.06

Citation Benoit XVI (8)

Benoît XVI (8)
Homélie, 18 décembre 2005 (IV Dimanche de l'Avent, visite pastorale dans la paroisse romaine "Santa Maria Consolatrice")

Le premier mot sur lequel que je voudrais méditer avec vous est le salut de l'Ange à Marie. Dans la traduction italienne, l'Ange dit : Je te salue Marie. Mais la parole grecque qui est traduite, Kaire, signifie en soi réjouis-toi, sois contente. (...) C'est la première parole qui retentit dans le Nouveau Testament comme tel, car l'annonce faite par l'ange à Zacharie à propos de la naissance de Jean Baptiste est une parole qui retentit encore sur le seuil entre les deux Testaments. Ce n'est qu'avec ce dialogue de l'Ange Gabriel avec Marie, que commence réellement le nouveau Testament. Nous pouvons donc dire que la première parole du Nouveau Testament est une invitation à la joie : réjouis-toi, sois contente. Le Nouveau Testament est véritablement Evangile, la Bonne Nouvelle qui nous apporte la joie. Dieu n'est pas loin de nous, inconnu, énigmatique, voire dangereux ; Dieu est proche de nous, si proche qu'il se fait enfant, et que nous pouvons tutoyer ce Dieu.

Citation Jean-Paul II (8)

Jean-Paul II (8)
Audience générale, 6-V-1998, n. 1

La première béatitude rapportée dans l'Evangile est celle de la foi, qui fait référence à Marie : "Bienheureuse celle qui a cru" (Lc 1, 45). Ces paroles, prononcées par Elisabeth, soulignent le contraste entre l'incrédulité de Zacharie et la foi de Marie. Recevant le message de la future naissance de son fils, Zacharie avait eu du mal à y croire, jugeant la chose irréalisable, car sa femme et lui étaient d'un âge avancé.

Marie, lors de l'Annonciation, est confrontée à un message encore plus bouleversant, qui est la proposition de devenir la mère du Messie. A cette perspective, elle ne réagit pas par le doute, mais elle se limite à demander comment la virginité, à laquelle elle se sent appelée, peut être conciliée avec la vocation maternelle. L'ange lui ayant répondu en évoquant la toute-puissance divine agissant à travers l'Esprit, Marie accorde son consentement humble et généreux.

En ce moment unique de l'histoire de l'humanité, la foi joue un rôle décisif. Saint Augustin affirme à juste titre : "On croit et on conçoit le Christ à travers la foi. Tout d'abord, se réalise la venue de la foi dans le cœur de la Vierge, ensuite la fécondité vient dans le sein de la Mère" (Sermo 293, PL 38, 1327).

26.10.06

Citation Benoit XVI (6)

Benoît XVI (6)
Homélie, Samedi 25 mars 2006, § 5 (Solennité de l'Annonciation du Seigneur, célébration eucharistique pour la remise de l'anneau aux nouveaux cardinaux)

En ce monde, tout passe. Dans l'éternité, seul l'Amour demeure. Pour cette raison, chers frères, profitant du temps propice du Carême, efforçons-nous de nous assurer que toute chose dans notre vie personnelle comme dans l'activité ecclésiale dans laquelle nous sommes engagés, est dictée par la charité et tendue vers la charité. Le mystère que nous célébrons aujourd'hui nous éclaire également à ce propos. En effet, le premier geste accompli par Marie, après avoir entendu le message de l'Ange, a été celui de se rendre "en hâte" chez sa cousine Elisabeth pour lui proposer ses services (cf. Lc 1, 39). L'initiative de la Vierge fut une initiative de charité authentique, humble et courageuse, dictée par la foi dans la Parole de Dieu et l'élan intérieur de l'Esprit Saint. Celui qui aime s'oublie lui-même et se met au service de son prochain. Voici l'image et le modèle de l'Eglise ! (...) C'est la voie sur laquelle j'ai voulu engager mon pontificat, en invitant chacun, avec ma première Encyclique, à édifier l'Eglise dans la charité, comme une "communauté d'amour" (cf. Deus caritas est, Deuxième partie).

25.10.06

Citation Jean-Paul II (4)

Jean-Paul II (4)
Exhortation Apostolique Redemptoris custos (15-VIII-1998), n. 3

En de telles circonstances, "Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier secrètement" (Mt 1, 19). Il ne savait pas quelle attitude adopter devant cette "étonnante" maternité de Marie. Il cherchait évidemment une réponse à la question qui l'inquiétait, mais surtout il cherchait une issue à cette situation difficile pour lui. Alors qu'il "avait formé ce projet, voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés" (Mt 1, 20-21).

Il y a une analogie étroite entre "l'annonciation" du texte de Matthieu et celle du texte de Luc. Le messager divin introduit Joseph dans le mystère de la maternité de Marie. Celle qui est son "épouse" selon la loi, tout en restant vierge, est devenue mère par le fait de l'Esprit Saint. Et quand le Fils que Marie porte en son sein viendra au monde, il devra recevoir le nom de Jésus. (...)

Le messager s'adresse à Joseph en tant qu'"époux de Marie", celui qui, le moment venu, devra donner ce nom au Fils qui naîtra de la Vierge de Nazareth qui l'a épousé. Il s'adresse donc à Joseph en lui confiant les devoirs d'un Père terrestre à l'égard du Fils de Marie. "A son réveil, Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse" (Mt 1, 24). Il la prit avec tout le mystère de sa maternité, il la prit avec le Fils qui devait venir au monde par le fait de l'Esprit Saint : il manifesta ainsi une disponibilité de volonté semblable à celle de Marie à l'égard de ce que Dieu lui demandait par son messager.

Citation Benoît XVI (3)

Benoît XVI (3)
Homélie, Samedi 25 mars 2006, § 3 (Annonciation du Seigneur, célébration eucharistique pour la remise de l'anneau aux nouveaux cardinaux)

L'icône de l'Annonciation nous fait comprendre clairement, mieux que n'importe quelle autre, que tout dans l'Eglise remonte à ce moment-là, à ce mystère d'accueil du Verbe divin, où, par l'action de l'Esprit Saint, l'Alliance entre Dieu et l'humanité a été scellée de manière parfaite. Tout dans l'Eglise, chaque institution et ministère, y compris celui de Pierre et de ses successeurs, est "enveloppé" par le manteau de la Vierge, dans l'espace rempli de grâce de son "oui" à la volonté de Dieu. Il s'agit d'un lien qui a naturellement en chacun de nous une forte résonance affective, mais qui a avant tout une valeur objective. Entre Marie et l'Eglise il existe en effet une conformité de nature que le Concile Vatican II a fortement soulignée par l'heureux choix de placer le traité sur la Bienheureuse Vierge Marie en conclusion de la Constitution sur l'Eglise, Lumen gentium.

Citation Benoit XVI (2)

Benoît XVI (2)
Homélie, Jeudi 8 décembre 2005, § 4 (Solennité de l'Immaculée Conception)

Qu'est-ce que signifie "Marie l'Immaculée" ? Ce titre a-t-il quelque chose à nous dire ? La liturgie d'aujourd'hui éclaire pour nous le contenu de cette parole à travers deux grandes images. Il y a tout d'abord le récit merveilleux de l'annonce à Marie, la Vierge de Nazareth, de la venue du Messie. Le salut de l'Ange est tissé de fils de l'Ancien Testament, en particulier du prophète Sophonie. Celui-ci fait voir que Marie, l'humble femme de province qui est issue d'une lignée sacerdotale et qui porte en elle le grand patrimoine sacerdotal d'Israël, est "le saint reste" d'Israël auquel les prophètes, au cours de toutes les périodes de douleurs et de ténèbres, ont fait référence. En elle est présente la véritable Sion, celle qui est pure, la demeure vivante de Dieu. En elle demeure le Seigneur, en elle il trouve le lieu de Son repos. Elle est la maison vivante de Dieu, qui n'habite pas dans des édifices de pierre, mais dans le cœur de l'homme vivant. Elle est le germe qui, dans la sombre nuit d'hiver de l'histoire, jaillit du tronc abattu de David. En elle s'accomplit la parole du Psaume : "La terre a donné son fruit" (67, 7). Elle est le surgeon, duquel dérive l'arbre de la rédemption et des rachetés. Dieu n'a pas essuyé un échec, comme il pouvait sembler au début de l'histoire avec Adam et Eve, ou bien au cours de l'exil à Babylone, et comme il semblait à nouveau à l'époque de Marie, quand Israël était devenu un peuple sans importance dans une région occupée, avec bien peu de signes reconnaissables de sa sainteté. Dieu n'a pas failli. Dans l'humilité de la maison de Nazareth vit l'Israël saint, le reste pur. Dieu a sauvé et sauve son peuple. Du tronc abattu ressurgit à nouveau son histoire, devenant une nouvelle force vive qui oriente et envahit le monde. Marie est l'Israël saint ; elle dit "oui" au Seigneur, se met pleinement à sa disposition et devient ainsi le temple vivant de Dieu.

Citation Benoit XVI (1)

Benoît XVI (1)
Homélie, Samedi 25 mars 2006, § 1 (Annonciation du Seigneur, célébration Eucharistique pour la remise de l'anneau aux nouveaux Cardinaux)

Dans l'Incarnation du Fils de Dieu, nous reconnaissons en effet les débuts de l'Eglise. Tout provient de là. Toute réalisation historique de l'Eglise et également chacune de ses institutions doivent se référer à cette Source originelle. Elles doivent se référer au Christ, Verbe de Dieu incarné. C'est Lui que nous célébrons toujours : l'Emmanuel, le Dieu-avec-nous, par l'intermédiaire duquel s'est accomplie la volonté salvifique de Dieu le Père. Et cependant (nous contemplons cet aspect du Mystère précisément aujourd'hui) la Source divine s'écoule par un canal privilégié : la Vierge Marie. Utilisant une image éloquente, saint Bernard parle, à ce propos d'aquaeductus (cf. Sermo in Nativitate B.V. Mariae : PL 183, 437-448). En célébrant l'Incarnation du Fils nous ne pouvons pas, par conséquent, ne pas honorer sa Mère. C'est à Elle que fut adressée l'annonce de l'ange ; Elle l'accueillit, et lorsque du plus profond de son cœur Elle répondit : "Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole" (Lc 1, 38), à ce moment-là, le Verbe éternel commença à exister comme être humain dans le temps.

Citation Jean-Paul II (1)

Jean-Paul II (1)
Audience générale, 23 mars 1983, nn. 2-3

Là-bas, en Galilée, dans l'humble maison de Nazareth, à côté de l'archange Gabriel qui apporte l'annonce (sujet) et de Marie qui reçoit l'annonce (terme), c'est Lui qu'il faut entrevoir avec les yeux attentifs de la foi : c'est précisément Lui le contenu (objet) de l'Annonciation.

(...) Mais Jésus n'est pas encore là, du moins sur le plan des apparences. On dirait que, de même que le ciel et la terre attendent la réponse de Marie, de même le Verbe attend, tremblant et en secret, pour réaliser tout aussitôt l'éternel dessein du Père.