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3.1.07

Citation Jean-Paul II (40)

Jean-Paul II (40)
Message, 8 décembre 1996, n. 6 (pour la célébration de la XXXème Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 1997)

Le pardon de Dieu exprime sa tendresse de Père. Dans la parabole évangélique du "fils prodigue" (cf. Lc 15,11-32), le père court à la rencontre de son fils dès qu'il le voit rentrer à la maison. Il ne lui laisse même pas le temps de présenter ses excuses : tout est pardonné (cf. Lc 15,20-22). La profonde joie du pardon, offert et reçu, guérit des blessures inguérissables, rétablit les relations et les enracine dans l'inépuisable amour de Dieu. Pendant toute sa vie, Jésus a proclamé le pardon de Dieu, mais il y a ajouté l'exigence du pardon mutuel comme condition pour l'obtenir. Dans le "Notre Père", il nous fait prier ainsi : "Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs" (Mt 6,12). Par ce "comme", il met entre nos mains la mesure selon laquelle nous serons jugés par Dieu. La parabole du serviteur ingrat, puni pour sa dureté de cœur à l'égard de l'un de ses semblables (cf. Mt 18,23-35), nous enseigne que ceux qui ne sont pas prêts à pardonner s'excluent par là même du pardon divin : "C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur" (Mt 18,35).

Citation Jean-Paul II (39)

Jean-Paul II (39)
Lettre aux prêtres, 14 mars 1999, n. 5 (pour le Jeudi Saint)

Après que l'assemblée a répondu "Amen" par une acclamation solennelle, le célébrant entonne le "Notre Père", la prière du Seigneur. Ce qui se passe en cet instant est très significatif. L'Évangile rapporte que les Apôtres, frappés par le recueillement du Maître s'entretenant avec son Père, lui demandèrent : "Seigneur, apprends-nous à prier" (Lc 11, 1). Alors, pour la première fois, il prononça les paroles qui devaient devenir par la suite la prière principale, et la plus fréquente, de l'Église et de tous les chrétiens, le "Notre Père". Lorsque, au cours de la célébration eucharistique, en tant qu'assemblée eucharistique, nous faisons nôtres ces paroles, elles acquièrent une importance particulière. C'est comme si, en cet instant, nous confessions que le Christ nous a enseigné définitivement et pleinement sa prière au Père quand il l'a illustrée par le sacrifice de la Croix.

Le "Notre Père", récité par l'Église, prend tout son sens dans le cadre du sacrifice eucharistique. Chacune des invocations qu'il contient reçoit une lumière spéciale de vérité. Sur la Croix, le nom du Père est "sanctifié" au plus haut degré et son Règne est réalisé d'une manière irrévocable; dans le "consummatum est", sa volonté s'accomplit définitivement. Et n'est-il pas vrai que la demande "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi..." est pleinement confirmée par les paroles du Crucifié : "Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23, 34) ? La demande relative au pain de chaque jour devient plus parlante que jamais dans la Communion eucharistique lorsque, sous l'espèce du "pain partagé", nous recevons le Corps du Christ. Et la supplique "Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal" n'atteint-elle pas son efficacité la plus grande au moment où l'Église offre au Père le prix suprême de la rédemption et de la libération du mal ?

Citation Jean-Paul II (38)

Jean-Paul II (38)
Homélie, Vendredi 24 mars 2000 (Messe pour les jeunes sur le mont des Béatitudes à Korazim)

"Aussi bien, frères, considérez votre appel" (1 Co 1, 26). Aujourd'hui, ces paroles de saint Paul nous sont adressées, à nous tous qui sommes réunis ici sur le Mont des Béatitudes. Nous sommes assis sur cette colline comme les premiers disciples et nous écoutons Jésus. Nous écoutons en silence sa voix aimable et pressante. Aimable comme cette terre même et pressante comme l'invitation à choisir entre la vie et la mort.

Combien de générations avant nous se sont profondément émues en entendant le Discours sur la montagne ! Combien de jeunes, au cours des siècles, se sont réunis autour de Jésus pour apprendre les paroles de vie éternelle, précisément comme vous êtes réunis aujourd'hui ici ! Combien de jeunes cœurs ont été inspirés par la force de sa personnalité et par la vérité éclatante de son message! C'est merveilleux que vous soyez ici! (...)

Il y a précisément un mois, j'ai eu la grâce de me rendre là, où Dieu parla à Moïse et lui donna la Loi écrite "du doigt de Dieu" (Ex 31, 18) sur des tables de pierre. Ces deux monts, le Mont Sinaï et le Mont des Béatitudes, nous offrent la carte de notre vie chrétienne et une synthèse de nos responsabilités envers Dieu et le prochain. La Loi et les Béatitudes tracent ensemble le chemin à la suite du Christ et le sentier royal vers la maturité et la liberté spirituelle.

Les Dix Commandements du Sinaï peuvent sembler négatifs : "Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi [...] Tu ne tueras pas. Tu ne commettras pas d'adultère. Tu ne voleras pas. Tu ne porteras pas de témoignage mensonger..." (Ex 20, 3, 13-16). Au contraire, ceux-ci sont extrêmement positifs.

En allant au-delà du mal qu'ils nomment, ils indiquent le chemin vers la loi d'amour qui est le premier et le plus grand des Commandements : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit [...] Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Mt 22, 37-39). Jésus lui-même affirme ne pas être venu pour abolir la Loi, mais pour l'accomplir (cf. Mt 5, 17). Son message est nouveau, mais il ne détruit pas ce qui existe déjà. Au contraire, il en développe au maximum les potentialités. Jésus enseigne que la voie de l'amour conduit la loi à son plein accomplissement (cf. Ga 5, 14). Et il a enseigné cette vérité très importante sur cette colline, ici, en Galilée.

Citation Jean-Paul II (37)

Jean-Paul II (37)
Angelus 1-XI-2001

Nous célébrons aujourd'hui la Solennité de Tous les Saints. Dans la lumière de Dieu, nous rappelons tous ceux qui ont témoigné du Christ au cours de leur vie terrestre, en s'efforçant de mettre en pratique ses enseignements. Nous nous réjouissons avec nos frères et sœurs qui nous ont précédés en parcourant la même route que la nôtre et qui à présent, dans la gloire du Ciel, jouissent de la récompense méritée.

(...) Ils ont su aller à contre-courant, en accueillant le "discours de la montagne" comme règle inspiratrice de leur vie (...).

Chaque chrétien est appelé à la sainteté, c'est-à-dire à vivre les Béatitudes. L'Eglise indique ces frères et sœurs qui se sont distingués par leurs vertus et qui ont été des instruments de la grâce divine, comme des exemples pour chacun. Aujourd'hui, nous les célébrons tous ensemble, car, grâce à leur aide, nous pouvons croître dans l'amour de Dieu et être "sel de la terre et lumière du monde" (cf. Mt 5, 13-14).

1.12.06

Citation Jean-Paul II (36)

Jean-Paul II (36)
Encyclique Veritatis splendor (6-VIII-1993), n. 16

Comme on l'a fait pour la partie précédente de la réponse de Jésus, celle-ci doit être lue et interprétée dans le cadre de tout le message moral de l'Evangile et, spécialement, dans le cadre du Discours sur la Montagne, des Béatitudes (cf. Mt 5, 3-12), dont la première est précisément la béatitude des pauvres, des "pauvres en esprit", comme le précise saint Matthieu (Mt 5, 3), ou encore des humbles. Dans ce sens, on peut dire que les Béatitudes font aussi partie de l'espace ouvert par la réponse que Jésus donne à la question du jeune homme : "Que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ?". En effet, chaque béatitude promet précisément, selon une perspective particulière, ce "bien" qui ouvre l'homme à la vie éternelle, et plus encore qui est la vie éternelle elle-même.

Les Béatitudes n'ont pas comme objet propre des normes particulières de comportement, mais elles évoquent des attitudes et des dispositions fondamentales de l'existence, et, donc, ne coïncident pas exactement avec les commandements. D'autre part, il n'y a pas de séparation ou d'opposition entre les béatitudes et les commandements : les uns et les autres se réfèrent au bien et à la vie éternelle. Le Discours sur la Montagne commence par la proclamation des Béatitudes, mais renferme aussi la référence aux commandements (cf. Mt 5, 20-48). En même temps, ce Discours montre l'ouverture et l'orientation des commandements vers la perfection qui est celle des Béatitudes. Celles-ci sont, avant tout, des promesses, dont découlent aussi, de manière indirecte, des indications normatives pour la vie morale. Dans leur profondeur originelle, elles sont une sorte d'autoportrait du Christ et, précisément pour cela, elles sont des invitations à le suivre et à vivre en communion avec lui.

Citation Jean-Paul II (35)

Jean-Paul II (35)
Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariae (16-X-2002), n. 9

"Et il fut transfiguré devant eux: son visage devint brillant comme le soleil" (Mt 17, 2). L'épisode évangélique de la transfiguration du Christ, dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut être considéré comme icône de la contemplation chrétienne. Fixer les yeux sur le visage du Christ, en reconnaître le mystère dans le chemin ordinaire et douloureux de son humanité, jusqu'à en percevoir la splendeur divine définitivement manifestée dans le Ressuscité glorifié à la droite du Père, tel est le devoir de tout disciple du Christ; c'est donc aussi notre devoir. En contemplant ce visage, nous nous préparons à accueillir le mystère de la vie trinitaire, pour faire l'expérience toujours nouvelle de l'amour du Père et pour jouir de la joie de l'Esprit Saint. Se réalise ainsi pour nous la parole de saint Paul : "Nous reflétons tous la gloire du Seigneur, et nous sommes transfigurés en son image, avec une gloire de plus en plus grande, par l'action du Seigneur qui est Esprit" (2 Co 3, 18).

Citation Jean-Paul II (34)

Jean-Paul II (34)
Angelus, Dimanche 5 août 2001 (Castel Gandolfo)

Nous célébrerons demain, 6 août, la solennité de la Transfiguration du Seigneur. Les évangélistes Luc, Marc et Matthieu décrivent ensemble que Jésus conduisit, "sur une haute montagne", identifiée comme le Mont Tabor, en Galilée, les Apôtres Pierre, Jacques et Jean. Devant eux, il fut transfiguré. "Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière" (Mt 17, 1-2). A côté de Lui, apparurent les vénérables figures de Moïse et d'Elie. Le Père lui-même, dans une "nuée lumineuse", fit entendre sa voix à ce moment en disant : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le" (Mt 17, 5).

Ce mystère, que le Seigneur ordonna alors de garder secret (cf Mt 17, 9), est devenu, après sa Résurrection, partie intégrante de la Bonne Nouvelle : Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, que nous contemplons aujourd'hui dans la lumière éblouissante de sa gloire.

Deux mille ans après, l'Eglise répète avec la même vigueur que le Christ est la lumière du monde ! Sa lumière donne chaque jour un nouveau sens à notre façon de vivre.

C'est autour de cette annonce que s'est bâtie toute la vie du Serviteur de Dieu Paul VI, décédé le 6 août 1978. Pour l'Angelus de ce jour, qu'il ne put prononcer, il avait écrit : "La Transfiguration du Seigneur jette une lumière éblouissante sur notre vie quotidienne et oriente notre esprit vers le destin immortel que cet événement renferme".

Réécoutons ses paroles à vingt-trois ans de distance avec une profonde émotion. Evoquons avec gratitude et affection mon vénéré prédécesseur, qui a apporté un témoignage fidèle au Christ au cours d'années complexes et difficiles. Prions pour lui, en invoquant la Vierge Marie, céleste Mère de Dieu.

16.11.06

Citation Jean-Paul II (33)

Jean-Paul II (33)
Audience générale, 6 mai 1998, n. 2 et 3

Le récit évangélique des noces de Cana nous aide à contempler la profondeur de la foi de Marie. Face au manque de vin, Marie pourrait rechercher une solution humaine au problème qui s'est posé, mais elle n'hésite pas à s'adresser immédiatement à Jésus: "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3). Elle sait que Jésus n'a pas de vin à sa disposition ; elle demande donc vraisemblablement un miracle. Et sa requête est d'autant plus audacieuse que, jusqu'à cet instant, Jésus n'a encore opéré aucun miracle. Agissant de la sorte, Elle obéit sans aucun doute à une inspiration intérieure, car, selon le plan divin, la foi de Marie devait précéder la première manifestation du pouvoir messianique de Jésus, comme elle a précédé sa venue sur terre. (...)

La foi à laquelle Marie est appelée n'est pas facile. (...) "Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore arrivée" (Jn 2, 4). (...) Pourtant, Marie ne renonce pas à sa requête, au point de solliciter les serviteurs pour l'accomplissement du miracle espéré : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jn 2, 5). Grâce à la docilité et à la profondeur de sa foi, Elle lit les paroles du Christ au-delà de leur sens immédiat. Elle a l'intuition de la profondeur insondable et des ressources infinies de la miséricorde divine, et Elle ne doute pas de la réponse d'amour de son Fils. Le miracle répond à la persévérance de sa foi.

Marie se présente ainsi comme le modèle d'une foi en Jésus qui résiste à tous les obstacles.

Citation Jean-Paul II (32)

Jean-Paul II (32)
Lettre aux familles (2-II-1994), n. 18

Un jour, devant les disciples de Jean, Jésus parla d'une invitation à des noces et de la présence de l'époux parmi les invités : "L'époux est avec eux" (Mt 9, 15). Il signifiait par là l'accomplissement en sa personne de l'image, déjà présente dans l'Ancien Testament, de Dieu-Epoux, pour révéler pleinement le mystère de Dieu comme mystère d'Amour.

En se qualifiant comme "époux", Jésus dévoile donc l'essence de Dieu et confirme son amour immense pour l'homme. Mais le choix de cette image met aussi indirectement en lumière la nature véritable de l'amour sponsal. En effet, en y recourant pour parler de Dieu, Jésus montre à quel point la paternité et l'amour de Dieu se reflètent dans l'amour d'un homme et d'une femme qui s'unissent dans le mariage. C'est pour cela que, au début de sa mission, Jésus se trouve à Cana de Galilée, afin de participer à un banquet de noces, avec Marie et avec ses premiers disciples (cf. Jn 2, 1-11). Il entend ainsi montrer que la vérité sur la famille est inscrite dans la Révélation de Dieu et dans l'histoire du salut. Dans l'Ancien Testament, et spécialement chez les Prophètes, on trouve de très belles paroles sur l'amour de Dieu : un amour attentionné comme celui d'une mère pour son enfant, tendre comme celui de l'époux pour son épouse, mais aussi profondément jaloux ; ce n'est pas avant tout un amour qui punit, mais qui pardonne ; un amour qui se penche sur l'homme comme le père le fait sur son fils prodigue, qui le relève et le rend participant à la vie divine. Un amour qui émerveille : c'est une nouveauté inconnue jusqu'alors dans l'ensemble du monde païen.

A Cana de Galilée, Jésus est comme le héraut de la vérité divine sur le mariage, de la vérité sur laquelle peut s'appuyer la famille humaine, y trouvant la force nécessaire face à toutes les épreuves de la vie. Jésus annonce cette vérité par sa présence aux noces de Cana et par l'accomplissement de son premier "signe" : l'eau changée en vin.

12.11.06

Citation Jean-Paul II (31)

Jean-Paul II (31)
Exhortation Apostolique Pastores gregis (16-X-2003), n. 6

Durant son pèlerinage sur cette terre, le Seigneur Jésus annonça l'Évangile du Royaume et l'inaugura en sa personne, révélant son mystère à tous les hommes. Il appela des hommes et des femmes à le suivre, et parmi les disciples il en choisit douze, pour qu'ils "soient avec lui" (Mc 3,14). L'Évangile selon saint Luc précise que Jésus fit ce choix après une nuit passée en prière sur la montagne (cf. Lc 6,12). Pour sa part, l'Évangile selon saint Marc semble donner à ce geste de Jésus le caractère d'un acte souverain, acte constitutif qui confère une identité à ceux qu'il a choisis : il en institua douze (Mc 3,14). Le mystère de l'élection des Douze est ainsi dévoilé : c'est un acte d'amour, voulu librement par Jésus, en union profonde avec le Père et avec l'Esprit Saint.

9.11.06

Citation Jean-Paul II (30)

Jean-Paul II (30)
Audience générale, 4-VIII-1993, n. 3

La communion sacerdotale suppose et comporte l’attachement de tous, évêques et prêtres, à la personne du Christ. Quand Jésus voulut faire participer les Douze à sa mission messianique, l’Évangile de Marc nous dit qu’il les appela et les institua "pour qu’ils soient avec lui" (Mc 3, 14). Au cours de la dernière Cène, il s’adressa à eux comme à ceux qui avaient persévéré avec lui dans l’épreuve (cf. Lc 22, 28), et il les recommanda au Père et demanda pour eux l’unité. En demeurant tous unis dans le Christ, ils demeuraient unis entre eux (cf. Jn 15, 4-11). La conscience de cette unité et de cette communion dans le Christ demeura vive chez les Apôtres durant la prédication qui, de Jérusalem, les amena dans les diverses régions du monde alors connu, sous l’action impérieuse et en même temps unifiante de l’Esprit de Pentecôte. Cette conscience transparaît dans leurs Lettres, dans les Évangiles et les Actes.

Quand il appelle les nouveaux prêtres au sacerdoce, Jésus-Christ leur demande aussi l’offrande de leur vie à sa personne, voulant ainsi les unir entre eux grâce à un rapport spécial de communion avec lui. C’est la vraie source de l’accord profond de l’esprit et du cœur qui unit les prêtres et les évêques dans la communion sacerdotale.

Citation Jean-Paul II (29)

Jean-Paul II (29)
Exhortation Apostolique Pastores dabo vobis (25-III-1992), n. 46

C'est là, avec le quærere Deum, un thème classique de la spiritualité chrétienne illustré de manière exemplaire par la vocation des Apôtres. En racontant comment les deux premiers disciples ont suivi Jésus, Jean met en lumière la place occupée par cette "recherche". C'est Jésus lui-même qui pose la question : "Que cherchez-vous ?" Et tous deux répondent : "Maître, où demeures-tu ?" L'évangéliste poursuit : "Il leur dit : 'Venez et voyez'. Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là" (Jn 1, 37-39). En un sens, la vie spirituelle de celui qui se prépare au sacerdoce est dominée par cette recherche : chercher et "trouver" le Maître, le suivre et demeurer avec lui. Dans le ministère et la vie du prêtre, il faudra continuer cette "recherche", car le mystère de l'imitation du Christ et de la participation à sa vie est inépuisable. De même, il faudra continuer à "trouver" le Maître en vue de le désigner aux autres, et mieux encore, en vue de susciter chez les autres le désir de chercher le Maître. Mais cela n'est vraiment possible que si l'on propose aux autres une "expérience" de vie, une expérience qui mérite d'être partagée. Ce fut la voie suivie par André pour conduire son frère Simon à Jésus. André, écrit l'évangéliste Jean, "rencontre au lever du jour son frère Simon et lui dit : 'Nous avons trouvé le Messie' - ce qui veut dire Christ. Il l'amena à Jésus". Et ainsi, Simon lui aussi sera appelé comme Apôtre à suivre le Messie : "Jésus le regarda et dit : 'Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t'appelleras Céphas' - ce qui veut dire Pierre" (Jn 1, 41-42).

Mais que signifie, dans la vie spirituelle, chercher le Christ ? Où le trouver ? "Rabbi, où demeures-tu ?" Le décret concilaire Optatam totius semble indiquer un triple chemin à parcourir : la méditation fidèle de la Parole de Dieu, la participation active aux saints mystères de l'Église, le service de la charité à l'égard des "petits".

Citation Jean-Paul II (28)

Jean-Paul II (28)
Exhortation Apostolique Pastores dabo vobis (25-III-1992), n. 38

Pour servir la vocation sacerdotale et son itinéraire, c'est-à-dire la naissance, le discernement et l'accompagnement de la vocation, l'Église peut trouver un exemple dans André, l'un des deux premiers disciples qui se mirent à la suite de Jésus. C'est lui-même qui se mit à raconter à son frère ce qui lui était arrivé : "Nous avons trouvé le Messie (c'est-à-dire le Christ)" (Jn 1, 41). Et la narration de cette "découverte" ouvre la voie à la rencontre : "Et il le conduisit à Jésus" (Jn 1, 42). Aucun doute sur l'initiative absolument libre et sur la décision souveraine de Jésus : c'est Jésus qui appelle Simon et lui donne un nouveau nom : "Jésus le regarda et dit : 'Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t'appelleras Céphas' (ce qui veut dire Pierre)" (Jn 1, 42). Mais André avait eu sa part d'initiative : il avait sollicité la rencontre de son frère avec Jésus.

"Et il le conduisit à Jésus". C'est ici, dans un sens, que se trouve le cœur de toute la pastorale des vocations par laquelle l'Église veille sur la naissance et la croissance des vocations, en se servant des dons et des responsabilités, des charismes et du ministère reçus du Christ et de son Esprit.

7.11.06

Citation Jean-Paul II (27)

Jean-Paul II (27)
Exhortation Apostolique Reconciliatio et Paenitentia (2-XII-1984) , n. 26

C'est aussi sur d'autres points importants pour la réconciliation que l'on attend la catéchèse des Pasteurs de l'Eglise :

- Sur le sens du péché qui, comme je l'ai dit, s'est passablement atténué dans notre monde.

- Sur la tentation et sur les tentations : le Seigneur Jésus lui-même, le Fils de Dieu, "éprouvé en tout, d'une manière semblable à nous, a l'exception du péché" (He 4, 15), voulut être tenté par le Mauvais (Cf. Mt 4, 1-11 Mc 1, 12-13; Lc 4, 1-13), pour nous indiquer que, comme lui, les siens seraient eux aussi soumis à la tentation, et de même pour nous montrer comment il faut se comporter quand nous sommes tentés. Pour celui qui supplie le Père de ne pas être tenté au-delà de ses forces (Cf. 1 Co 10, 13) et de ne pas succomber à la tentation (Cf Mt 6, 13; Lc 11, 4), pour celui qui ne s'expose pas aux occasions de péché, le fait d'être soumis à la tentation ne signifie pas avoir péché, mais c'est plutôt une occasion de grandir dans la fidélité et dans la cohérence à travers l'humilité et la vigilance.

4.11.06

Citation Jean-Paul II (26)

Jean-Paul II (26)
Homélie, Dimanche 12 janvier 2003, n. 1 (Fête du Baptême du Seigneur)

Cherchez Yahvé pendant qu'il se laisse trouver, invoquez-le pendant qu'il est proche (Is 55, 6). Ces paroles, tirées de la deuxième partie du Livre d'Isaïe, retentissent en ce dimanche qui conclut le temps de Noël. Elles constituent une invitation à approfondir la signification que possède pour nous la fête d'aujourd'hui du Baptême du Seigneur.

Revenons en esprit sur les rives du Jourdain, où Jean-Baptiste administre un baptême de pénitence, en exhortant à la conversion. Jésus se présente lui aussi au Précurseur, transformant par sa présence ce geste de pénitence en une manifestation solennelle de sa divinité. A l'improviste, une voix retentit du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur (Mc 1, 11), et l'Esprit descend sur Jésus sous la forme d'une colombe.

En cet événement extraordinaire, Jean voit se réaliser ce qui avait été prédit à propos du Messie, né à Bethléem, adoré par les pasteurs et par les Rois Mages. C'est précisément Lui qui a été annoncé par les prophètes, le Fils bien-aimé du Père, que nous devons chercher alors qu'il se laisse trouver, et que nous devons invoquer alors qu'il est proche de nous.

A travers le Baptême, chaque chrétien le rencontre de manière personnelle: il est inséré dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, et il reçoit une vie nouvelle, qui est la vie même de Dieu. Quel grand don et quelle grande responsabilité !

3.11.06

Citation Jean-Paul II (25)

Jean-Paul II (25)
Homélie, 1er janvier 2001, n. 1 (Solennité de Marie Très Sainte Mère de Dieu)

"Ils [les bergers] vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche" (Lc 2, 15). Aujourd'hui, Octave de Noël, la liturgie nous invite à travers ces paroles à marcher, avec une ferveur nouvelle et consciente, vers Bethléem pour adorer le divin Enfant, né pour nous. Elle nous invite à suivre les pas des pasteurs qui, entrés dans la grotte, reconnaissent en ce petit être humain, "né d'une femme, sujet de la loi" (Ga 4, 4), le Tout Puissant qui s'est fait l'un de nous. A ses côtés, Joseph et Marie sont des témoins silencieux du prodige de Noël.

(...) Nous restons émerveillés devant la scène que l'Evangéliste nous rapporte. Arrêtons-nous, en particulier, pour contempler les pasteurs. Modèles simples et joyeux de la recherche humaine, ces derniers, en particulier dans le contexte du grand Jubilé, mettent en évidence quelles doivent être les conditions intérieures pour rencontrer Jésus.

La tendresse désarmante de l'Enfant, la pauvreté surprenante dans laquelle Il se trouve, l'humble simplicité de Marie et Joseph, transforment la vie des pasteurs : ils deviennent ainsi des messagers de salut, des évangélistes ante litteram. Saint Luc écrit : "Puis les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé" (Lc 2, 20). Ils s'en allèrent heureux et enrichis par un événement qui avait changé leur existence. Il y a, dans leurs paroles, l'écho d'une joie intérieure qui devient cantique : "Ils s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu".

Citation Jean-Paul II (24)

Jean-Paul II (24)
Exhortation Apostolique Catechesi Tradendae (16-X-1979), n. 73

Par une vocation singulière, elle a vu son Fils Jésus "croître en sagesse, en taille et en grâce". Sur ses genoux et puis en l'écoutant, au long de la vie cachée à Nazareth, ce Fils, qui était le Fils unique du Père, "plein de grâce et de vérité", a été formé par elle dans la connaissance humaine des Ecritures et de l'histoire du dessein de Dieu sur son Peuple, dans l'adoration du Père. D'autre part, elle a été la première de ses disciples : première dans le temps, car déjà en le retrouvant dans le Temple elle reçoit de son Fils adolescent des leçons qu'elle conserve dans son cœur ; la première surtout parce que personne n'a été "enseigné par Dieu" à un tel degré de profondeur. "Mater simul et discipula", "Mère en même temps que disciple", disait d'elle saint Augustin, en ajoutant hardiment que ceci a été pour elle plus important que cela. Ce n'est pas sans raison que dans l'Aula synodale on a dit de Marie qu'elle est "un catéchisme vivant", "mère et modèle des catéchistes".

Citation Jean-Paul II (23)

Jean-Paul II (23)
Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint, 14 mars 1999

L'Évangile est une révélation continuelle du Père. Quand, à l'âge de douze ans, Jésus est retrouvé par Joseph et Marie dans le Temple parmi les docteurs, aux paroles de sa Mère "Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?" (Lc 2, 48), il répond en se référant à son Père : "Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ?" (Lc 2, 49). Il a à peine douze ans, et il possède déjà une conscience lucide de la signification de sa vie, du sens de sa mission, toute consacrée de la première à la dernière heure "à la maison de son Père". Cette conscience atteint son sommet au Calvaire, dans le sacrifice de la Croix, accepté par le Christ en esprit d'obéissance et de dévouement filial : "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. [...] Que ta volonté soit faite !" (Mt 26, 39.42). Et le Père, à son tour, accueille le sacrifice de son Fils, car il a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que l'homme ne meure pas, mais ait la vie éternelle (cf. Jn 3, 16). Oui, seul le Fils connaît le Père et c'est pourquoi lui seul peut nous le révéler.

1.11.06

Citation Jean-Paul II (22)

Jean-Paul II (22)
Audience générale, 19 mars 2003, n. 1 et 2

Saint Joseph est défini dans l'Evangile comme un "homme juste" (Mt 1, 19), et il est pour tous les croyants un modèle de vie dans la foi.

Le mot juste évoque sa rectitude morale, son attachement sincère à la pratique de la loi et l'attitude de totale ouverture à la volonté du Père céleste. Même dans les moments difficiles et parfois dramatiques, l'humble charpentier de Nazareth ne s'arroge jamais le droit de mettre en discussion le projet de Dieu. Il attend l'appel d'En-Haut et, en silence, il respecte le mystère, se laissant guider par le Seigneur. Une fois sa tâche reçue, il l'exécute avec une responsabilité docile : il écoute l'ange avec attention lorsqu'il s'agit de prendre la Vierge de Nazareth comme épouse (cf. Mt 1, 18-25), lors de la fuite en Egypte (cf. Mt 2, 13-15) et du retour en Israël (cf. Ibid. 2, 19-23). Les évangélistes le décrivent en quelques lignes, mais de façon significative, comme le gardien plein de sollicitude de Jésus, époux attentif et fidèle, qui exerce l'autorité familiale dans une attitude constante de service. Les Ecritures Saintes ne nous racontent rien d'autre à son propos, mais dans ce silence est contenu le style même de sa mission : une existence vécue dans la grisaille de la vie quotidienne, mais avec une foi assurée dans la Providence.

Citation Jean-Paul II (21)

Jean-Paul II (21)
Lettre aux familles (2-II-1994), n. 21

Le fait que Jésus, dès sa naissance, ait eu à faire face à des menaces et à des périls semble être d'une éloquence prophétique. Comme Enfant déjà, il est "signe de contradiction". Il y a aussi un signe d'éloquence prophétique dans le drame des enfants innocents de Bethléem, tués sur ordre d'Hérode et devenus, selon l'antique liturgie de l'Eglise, participants de la naissance et de la passion rédemptrice du Christ (50). A travers leur "passion", ils achèvent "ce qui manque aux souffrances du Christ, pour son corps qui est l'Eglise" (Col 1, 24).

Dans l'Evangile de l'enfance, l'annonce de la vie, qui se réalise d'une manière admirable dans l'événement de la naissance du Rédempteur, est donc fortement mise en face de la menace contre la vie, vie qui contient en totalité le mystère de l'Incarnation et de la réalité divine et humaine du Christ. Le Verbe s'est fait chair (cf. Jn 1, 14), Dieu s'est fait homme. Les Pères de l'Eglise rappelaient souvent ce mystère sublime : "Dieu s'est fait homme, afin que nous devenions des dieux" (51). Cette vérité de la foi est en même temps la vérité sur l'être humain. Elle met en lumière la gravité de tout attentat contre la vie de l'enfant dans le sein de sa mère. Ici précisément, nous nous trouvons aux antipodes du "bel amour". En ne cherchant que le plaisir, on peut en venir à tuer l'amour, à en tuer le fruit. Pour la culture du plaisir, le "fruit béni de ton sein" (Lc 1, 42) devient en un sens un "fruit maudit".

Comment ne pas rappeler à ce sujet les déviations que connaît, dans de nombreux pays, ce qu'on appelle l'Etat de droit. La Loi de Dieu à l'égard de la vie humaine est sans équivoque et catégorique. Dieu ordonne : "Tu ne tueras pas" (Ex 20, 13). Aucun législateur humain ne peut donc affirmer : Il t'est permis de tuer, tu as le droit de tuer, tu devrais tuer. Malheureusement, dans l'histoire de notre siècle, cela s'est produit lorsqu'ont accédé au pouvoir, même d'une manière démocratique, des forces politiques qui ont établi des lois contraires au droit de tout homme à la vie, au nom de prétendus, autant qu'aberrants, motifs eugéniques, ethniques ou autres. Il y a un phénomène non moins grave, notamment parce qu'il s'accompagne d'un large assentiment ou consensus de l'opinion publique : celui des législations qui ne respectent pas le droit à la vie dès la conception. Comment pourrait-on accepter moralement des lois qui permettent de tuer l'être humain non encore né mais qui vit déjà dans le sein
maternel ?