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17.2.07

Citation Jean-Paul II (62)

Jean-Paul II (62)
Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariae (16-X-2002), n. 23

"La contemplation du visage du Christ ne peut s'arrêter à son image de crucifié. Il est le Ressuscité !" (Lettre apostolique Novo millennio ineunte, 6 janvier 2001, n.28). Depuis toujours le Rosaire exprime cette conscience de la foi, invitant le croyant à aller au-delà de l'obscurité de la Passion, pour fixer son regard sur la gloire du Christ dans la Résurrection et dans l'Ascension. En contemplant le Ressuscité, le chrétien redécouvre les raisons de sa propre foi (cf. 1Co 15,14), et il revit la joie non seulement de ceux à qui le Christ s'est manifesté – les Apôtres, Marie-Madeleine, les disciples d'Emmaüs –, mais aussi la joie de Marie, qui a dû faire une expérience non moins intense de la vie nouvelle de son Fils glorifié. À cette gloire qui, par l'Ascension, place le Christ à la droite du Père, elle sera elle-même associée par l'Assomption, anticipant, par un privilège très spécial, la destinée réservée à tous les justes par la résurrection de la chair. Enfin, couronnée de gloire – comme on le voit dans le dernier mystère glorieux –, elle brille comme Reine des Anges et des Saints, anticipation et sommet de la condition eschatologique de l'Église.

12.2.07

Citation Jean-Paul II (61)

Jean-Paul II (61)
Audience générale, 25-VI-97, n. 4-5

Quel qu'ait été le fait organique et biologique qui causa, sous l'aspect physique, la cessation de la vie du corps, on peut dire que le passage de cette vie à l'autre vie fut pour Marie une maturation de la grâce dans la glorie, de sorte que, jamais comme en ce cas, la mort n'a pu être conçue comme une "dormition".

Chez certains Pères de l'Église, nous trouvons la description de Jésus lui-même qui vient accueillir sa Mère au moment de sa mort, pour l'introduire dans la glorie céleste. Ils présentent ainsi la mort de Marie comme un événement d'amour qui l'a conduite à rejoindre son Fils pour partager sa vie immortelle. A la fin de son existence terrestre, elle aura expérimenté, comme Paul et plus que lui, le désir de sortir de son corps pour être à jamais avec le Christ.

L'expérience de la mort a enrichi la personne de la Vierge : en passant par le sort commun des hommes, elle est en mesure d'execer avec une plus grande efficacité sa maternité spirituelle à l'égard de ceux qui arrivent à l'heure suprême de leur vie.

11.2.07

Citation Jean-Paul II (60)

Jean-Paul II (60)
Encyclique Redemptoris Mater (25-III-1987), n. 41, §2

Par le mystère de l'Assomption au ciel se sont réalisés définitivement en Marie tous les effets de l'unique médiation du Christ, Rédempteur du monde et Seigneur ressuscité : "Tous revivront dans le Christ. Mais chacun à son rang : comme prémices, le Christ, ensuite ceux qui seront au Christ, lors de son Avènement" (1 Co 15, 22-23). Dans le mystère de l'Assomption s'exprime la foi de l'Eglise, selon laquelle Marie est "unie par un lien étroit et indissoluble" au Christ, car si, en tant que mère et vierge, elle lui était unie de façon singulière lors de sa première venue, par sa continuelle coopération avec lui elle le sera aussi dans l'attente de la seconde venue ; "rachetée de façon suréminente en considération des mérites de son Fils" , elle a aussi ce rôle, propre à la Mère, de médiatrice de la clémence lors de la venue définitive, lorsque tous ceux qui sont au Christ revivront et que "le dernier ennemi détruit sera la Mort" (1 Co 15, 26).

10.2.07

Citation Jean-Paul II (59)

Jean-Paul II (59)
Encyclique Redemptoris Mater (25-III-1987), n. 41, §1

Par sa médiation subordonnée à celle du Rédempteur, Marie contribue d'une manière spéciale à l'union de l'Eglise en pèlerinage sur la terre avec la réalité eschatologique et céleste de la communion des saints, puisqu'elle a déjà été "élevée au ciel" . La vérité de l'Assomption, définie par Pie XII, est réaffirmée par le Concile Vatican II, qui exprime ainsi la foi de l'Eglise : "Enfin, la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19, 16), victorieux du péché et de la mort" . Par cet enseignement, Pie XII se reliait à la Tradition, qui a trouvé de multiples expressions dans l'histoire de l'Eglise, tant en Orient qu'en Occident.

9.2.07

Citation Benoit XVI (49)

Benoît XVI (49)
Homélie, Lundi 15 août 2005, §1-2, Paroisse pontificale "San Tommaso da Villanova" (Castel Gandolfo)

La fête de l'Assomption est un jour de joie. Dieu a vaincu. L'amour a vaincu. La vie a vaincu. On a vu que l'amour est plus fort que la mort. Que Dieu possède la véritable force et que sa force est bonté et amour.

Marie a été élevée au ciel corps et âme : même pour le corps, il y a une place en Dieu. Le ciel n'est plus pour nous un domaine très éloigné et inconnu. Dans le ciel, nous avons une mère. C'est la Mère de Dieu, la Mère du Fils de Dieu, c'est notre Mère. Lui-même l'a dit. Il en a fait notre Mère, lorsqu'il a dit au disciple et à nous tous : "Voici ta Mère !". Dans le ciel, nous avons une Mère. Le ciel s'est ouvert, le ciel a un cœur.

8.2.07

Citation Benoit XVI (48)

Benoît XVI (48)
Angelus, Lundi 15 août 2005 (Castel Gandolfo)

Aujourd'hui, en la solennité de l'Assomption, nous contemplons le mystère du passage de Marie de ce monde au Paradis : nous célébrons, pourrions-nous dire, sa pâque. Tout comme le Christ ressuscita d'entre les morts avec son corps glorieux et monta au Ciel, de même la Sainte Vierge, pleinement associée à Lui, a été élevée dans la gloire céleste avec toute sa personne. Même en cela, la Mère a suivi au plus près son Fils et nous a tous précédés. Aux côtés de Jésus, nouvel Adam, qui est la prémice des ressuscités (cf. 1 Co 15, 20.23), la Vierge, nouvelle Eve, apparaît comme "prémice et image de l'Eglise" (Préface), "signe d'espérance assurée" pour tous les chrétiens dans le pèlerinage terrestre (cf. Lumen gentium, n. 68).

La fête de l'Assomption, si chère à la tradition populaire, constitue pour tous les croyants une occasion utile pour méditer sur le sens véritable et sur la valeur de l'existence humaine dans la perspective de l'éternité. Chers frères et sœurs, le Ciel est notre demeure définitive. De là, Marie nous encourage par son exemple à accueillir la volonté de Dieu, à ne pas nous laisser séduire par les appels trompeurs de tout ce qui est éphémère et passager, à ne pas céder aux tentations de l'égoïsme et du mal qui éteignent dans le cœur la joie de la vie.

16.11.06

Citation Jean-Paul II (33)

Jean-Paul II (33)
Audience générale, 6 mai 1998, n. 2 et 3

Le récit évangélique des noces de Cana nous aide à contempler la profondeur de la foi de Marie. Face au manque de vin, Marie pourrait rechercher une solution humaine au problème qui s'est posé, mais elle n'hésite pas à s'adresser immédiatement à Jésus: "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3). Elle sait que Jésus n'a pas de vin à sa disposition ; elle demande donc vraisemblablement un miracle. Et sa requête est d'autant plus audacieuse que, jusqu'à cet instant, Jésus n'a encore opéré aucun miracle. Agissant de la sorte, Elle obéit sans aucun doute à une inspiration intérieure, car, selon le plan divin, la foi de Marie devait précéder la première manifestation du pouvoir messianique de Jésus, comme elle a précédé sa venue sur terre. (...)

La foi à laquelle Marie est appelée n'est pas facile. (...) "Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore arrivée" (Jn 2, 4). (...) Pourtant, Marie ne renonce pas à sa requête, au point de solliciter les serviteurs pour l'accomplissement du miracle espéré : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jn 2, 5). Grâce à la docilité et à la profondeur de sa foi, Elle lit les paroles du Christ au-delà de leur sens immédiat. Elle a l'intuition de la profondeur insondable et des ressources infinies de la miséricorde divine, et Elle ne doute pas de la réponse d'amour de son Fils. Le miracle répond à la persévérance de sa foi.

Marie se présente ainsi comme le modèle d'une foi en Jésus qui résiste à tous les obstacles.

5.11.06

Citation Benoit XVI (26)

Benoît XVI (26)
Lettre 19 mai 2005, n. 2 (aux évêques d'Espagne à l'occasion du pèlerinage national au sanctuaire de la Vierge "del Pilar" de Saragosse)

L'Immaculée reflète la miséricorde du Père. Conçue sans péché, elle fut capable de pardonner également ceux qui abandonnèrent et blessèrent son Fils au pied de la croix. En tant qu'Avocate, elle nous aide dans nos besoins et intercède pour nous auprès de son Fils en lui disant, comme elle le fit à Cana de Galilée, "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3), confiante dans le fait que son cœur plein de bonté ne nous abandonnera pas dans un moment de difficulté. En indiquant clairement "tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jn 2, 5), elle nous invite à nous approcher du Christ et, dans cette proximité, à faire l'expérience, à éprouver et à voir "combien le Seigneur est bon". De cette expérience naît dans le cœur humain une plus grande clairvoyance pour apprécier ce qui est bon, beau et vrai.

3.11.06

Citation Jean-Paul II (24)

Jean-Paul II (24)
Exhortation Apostolique Catechesi Tradendae (16-X-1979), n. 73

Par une vocation singulière, elle a vu son Fils Jésus "croître en sagesse, en taille et en grâce". Sur ses genoux et puis en l'écoutant, au long de la vie cachée à Nazareth, ce Fils, qui était le Fils unique du Père, "plein de grâce et de vérité", a été formé par elle dans la connaissance humaine des Ecritures et de l'histoire du dessein de Dieu sur son Peuple, dans l'adoration du Père. D'autre part, elle a été la première de ses disciples : première dans le temps, car déjà en le retrouvant dans le Temple elle reçoit de son Fils adolescent des leçons qu'elle conserve dans son cœur ; la première surtout parce que personne n'a été "enseigné par Dieu" à un tel degré de profondeur. "Mater simul et discipula", "Mère en même temps que disciple", disait d'elle saint Augustin, en ajoutant hardiment que ceci a été pour elle plus important que cela. Ce n'est pas sans raison que dans l'Aula synodale on a dit de Marie qu'elle est "un catéchisme vivant", "mère et modèle des catéchistes".

27.10.06

Citation Benoit XVI (8)

Benoît XVI (8)
Homélie, 18 décembre 2005 (IV Dimanche de l'Avent, visite pastorale dans la paroisse romaine "Santa Maria Consolatrice")

Le premier mot sur lequel que je voudrais méditer avec vous est le salut de l'Ange à Marie. Dans la traduction italienne, l'Ange dit : Je te salue Marie. Mais la parole grecque qui est traduite, Kaire, signifie en soi réjouis-toi, sois contente. (...) C'est la première parole qui retentit dans le Nouveau Testament comme tel, car l'annonce faite par l'ange à Zacharie à propos de la naissance de Jean Baptiste est une parole qui retentit encore sur le seuil entre les deux Testaments. Ce n'est qu'avec ce dialogue de l'Ange Gabriel avec Marie, que commence réellement le nouveau Testament. Nous pouvons donc dire que la première parole du Nouveau Testament est une invitation à la joie : réjouis-toi, sois contente. Le Nouveau Testament est véritablement Evangile, la Bonne Nouvelle qui nous apporte la joie. Dieu n'est pas loin de nous, inconnu, énigmatique, voire dangereux ; Dieu est proche de nous, si proche qu'il se fait enfant, et que nous pouvons tutoyer ce Dieu.

Citation Jean-Paul II (8)

Jean-Paul II (8)
Audience générale, 6-V-1998, n. 1

La première béatitude rapportée dans l'Evangile est celle de la foi, qui fait référence à Marie : "Bienheureuse celle qui a cru" (Lc 1, 45). Ces paroles, prononcées par Elisabeth, soulignent le contraste entre l'incrédulité de Zacharie et la foi de Marie. Recevant le message de la future naissance de son fils, Zacharie avait eu du mal à y croire, jugeant la chose irréalisable, car sa femme et lui étaient d'un âge avancé.

Marie, lors de l'Annonciation, est confrontée à un message encore plus bouleversant, qui est la proposition de devenir la mère du Messie. A cette perspective, elle ne réagit pas par le doute, mais elle se limite à demander comment la virginité, à laquelle elle se sent appelée, peut être conciliée avec la vocation maternelle. L'ange lui ayant répondu en évoquant la toute-puissance divine agissant à travers l'Esprit, Marie accorde son consentement humble et généreux.

En ce moment unique de l'histoire de l'humanité, la foi joue un rôle décisif. Saint Augustin affirme à juste titre : "On croit et on conçoit le Christ à travers la foi. Tout d'abord, se réalise la venue de la foi dans le cœur de la Vierge, ensuite la fécondité vient dans le sein de la Mère" (Sermo 293, PL 38, 1327).

26.10.06

Citation Jean-Paul II (7)

Jean-Paul II (7)
Homélie, Dimanche 15 août 2004, n. 4 (Prairie de la Ribère, Lourdes)

Mon âme exalte le Seigneur... (Lc 1, 46). Lors de sa rencontre avec Élisabeth, les sentiments de Marie jaillissent avec force dans le cantique du Magnificat. Par ses lèvres s’expriment l’attente pleine d’espérance des "pauvres du Seigneur" ainsi que la conscience de l’accomplissement des promesses, parce que Dieu s’est souvenu de son amour (cf. Lc 1, 54). C’est précisément de cette conscience que jaillit la joie de la Vierge Marie, qui transparaît dans l’ensemble du cantique : joie de se savoir "regardée" par Dieu malgré sa "faiblesse" (cf. Lc 1, 48) ; joie en raison du "service" qu’il lui est possible de rendre, grâce aux "merveilles" auxquelles l’a appelée le Tout-Puissant (cf. Lc 1, 49) ; joie pour l’avant-goût des béatitudes eschatologiques, réservées aux "humbles" et aux "affamés" (cf. Lc 1, 52-53).

Après le Magnificat vient le silence ; rien n’est dit des trois mois de la présence de Marie aux côtés de sa cousine Élisabeth. Ou peut-être il nous est dit la chose la plus importante : le bien ne fait pas de bruit, la force de l’amour s’exprime dans la tranquille discrétion du service quotidien.

Citation Benoit XVI (6)

Benoît XVI (6)
Homélie, Samedi 25 mars 2006, § 5 (Solennité de l'Annonciation du Seigneur, célébration eucharistique pour la remise de l'anneau aux nouveaux cardinaux)

En ce monde, tout passe. Dans l'éternité, seul l'Amour demeure. Pour cette raison, chers frères, profitant du temps propice du Carême, efforçons-nous de nous assurer que toute chose dans notre vie personnelle comme dans l'activité ecclésiale dans laquelle nous sommes engagés, est dictée par la charité et tendue vers la charité. Le mystère que nous célébrons aujourd'hui nous éclaire également à ce propos. En effet, le premier geste accompli par Marie, après avoir entendu le message de l'Ange, a été celui de se rendre "en hâte" chez sa cousine Elisabeth pour lui proposer ses services (cf. Lc 1, 39). L'initiative de la Vierge fut une initiative de charité authentique, humble et courageuse, dictée par la foi dans la Parole de Dieu et l'élan intérieur de l'Esprit Saint. Celui qui aime s'oublie lui-même et se met au service de son prochain. Voici l'image et le modèle de l'Eglise ! (...) C'est la voie sur laquelle j'ai voulu engager mon pontificat, en invitant chacun, avec ma première Encyclique, à édifier l'Eglise dans la charité, comme une "communauté d'amour" (cf. Deus caritas est, Deuxième partie).

Citation Jean-Paul II (6)

Jean-Paul II (6)
Homélie, Dimanche 15 août 2004, n. 3 (Prairie de la Ribère, Lourdes)

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne... (Lc 1, 39). Les paroles du récit évangélique nous font percevoir avec les yeux du cœur la jeune fille de Nazareth en chemin vers la ville de Judée où demeurait sa cousine, pour lui offrir ses services. Ce qui nous touche avant tout en Marie, c’est son attention pleine de tendresse envers sa parente âgée. C’est un amour concret qui ne se limite pas à des paroles de compréhension mais qui s’engage personnellement dans une véritable assistance. A sa cousine, la Vierge ne donne pas simplement quelque chose qui lui appartient ; elle se donne elle-même, sans rien demander en retour. Elle a parfaitement compris que, plus qu’un privilège, le don reçu de Dieu est un devoir, qui l’engage envers les autres dans la gratuité qui est le propre de l’amour.

Citation BenoitXVI (5)

Benoît XVI (5)
Homélie, Lundi 15 août 2005, §3 (Paroisse pontificale "San Tommaso da Villanova", Castel Gandolfo)

Dans l'Evangile, nous avons entendu le Magnificat, cette grande poésie qui s'est élevée des lèvres, et plus encore du cœur de Marie, inspirée par l'Esprit Saint. Dans ce chant merveilleux se reflète toute l'âme, toute la personnalité de Marie. Nous pouvons dire que son chant est un portrait, une véritable icône de Marie, dans laquelle nous pouvons la voir exactement telle qu'elle est. (...) Celui-ci commence par la parole "Magnificat" : mon âme "magnifie" le Seigneur, c'est-à-dire "proclame la grandeur" du Seigneur. Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa vie, soit présent parmi nous tous. Elle n'a pas peur que Dieu puisse être un "concurrent" dans notre vie, qu'il puisse ôter quelque chose de notre liberté, de notre espace vital, par sa grandeur. Elle sait que si Dieu est grand, nous aussi, nous sommes grands. Notre vie n'est pas opprimée, mais est élevée et élargie : ce n'est qu'alors qu'elle devient grande dans la splendeur de Dieu.

Citation Jean-Paul II (5)

Jean-Paul II (5)
Encyclique Ecclesia de Eucharistia, nn. 55 et 58

"Heureuse celle qui a cru" (Lc 1, 45) : dans le mystère de l'Incarnation, Marie a aussi anticipé la foi eucharistique de l'Église. Lorsque, au moment de la Visitation, elle porte en son sein le Verbe fait chair, elle devient, en quelque sorte, un "tabernacle" – le premier "tabernacle" de l'histoire – dans lequel le Fils de Dieu, encore invisible aux yeux des hommes, se présente à l'adoration d'Elisabeth, "irradiant" quasi sa lumière à travers les yeux et la voix de Marie (n. 55).

Dans l'Eucharistie, l'Église s'unit pleinement au Christ et à son sacrifice, faisant sien l'esprit de Marie. C'est une vérité que l'on peut approfondir en relisant le Magnificat dans une perspective eucharistique. En effet, comme le cantique de Marie, l'Eucharistie est avant tout une louange et une action de grâce. Quand Marie s'exclame : "Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur", Jésus est présent en son sein. Elle loue le Père "pour" Jésus, mais elle le loue aussi "en" Jésus et "avec" Jésus. Telle est précisément la véritable "attitude eucharistique" (n. 58).

25.10.06

Citation Benoît XVI (4)

Benoît XVI (4)
Encyclique Deus caritas est (25-XII-2005), n. 41

Parmi les saints, il y a par excellence Marie, Mère du Seigneur et miroir de toute sainteté. Dans l’Évangile de Luc, nous la trouvons engagée dans un service de charité envers sa cousine Élisabeth, auprès de laquelle elle demeure "environ trois mois" (1, 56), pour l’assister dans la phase finale de sa grossesse. Magnificat anima mea Dominum, dit-elle à l’occasion de cette visite – "Mon âme exalte le Seigneur" – (Lc 1, 46). Elle exprime ainsi tout le programme de sa vie : ne pas se mettre elle-même au centre, mais faire place à Dieu, rencontré tant dans la prière que dans le service du prochain – alors seulement le monde devient bon. Marie est grande précisément parce qu’elle ne veut pas se rendre elle-même grande, mais elle veut rendre Dieu grand. Elle est humble : elle ne veut être rien d’autre que la servante du Seigneur (cf. Lc 1, 38. 48). Elle sait qu’elle contribue au salut du monde, non pas en accomplissant son œuvre, mais seulement en se mettant pleinement à la disposition des initiatives de Dieu. Elle est une femme d’espérance : uniquement parce qu’elle croit aux promesses de Dieu et qu’elle attend le salut d’Israël ; l’ange peut venir chez elle et l’appeler au service décisif de ces promesses. C’est une femme de foi : "Heureuse celle qui a cru", lui dit Élisabeth (Lc 1, 45). Le Magnificat – portrait, pour ainsi dire, de son âme – est entièrement brodé de fils de l’Écriture Sainte, de fils tirés de la Parole de Dieu. On voit ainsi apparaître que, dans la Parole de Dieu, Marie est vraiment chez elle, elle en sort et elle y rentre avec un grand naturel. Elle parle et pense au moyen de la Parole de Dieu ; la Parole de Dieu devient sa parole, et sa parole naît de la Parole de Dieu. De plus, se manifeste ainsi que ses pensées sont au diapason des pensées de Dieu, que sa volonté consiste à vouloir avec Dieu. Étant profondément pénétrée par la Parole de Dieu, elle peut devenir la mère de la Parole incarnée.

Citation Benoît XVI (3)

Benoît XVI (3)
Homélie, Samedi 25 mars 2006, § 3 (Annonciation du Seigneur, célébration eucharistique pour la remise de l'anneau aux nouveaux cardinaux)

L'icône de l'Annonciation nous fait comprendre clairement, mieux que n'importe quelle autre, que tout dans l'Eglise remonte à ce moment-là, à ce mystère d'accueil du Verbe divin, où, par l'action de l'Esprit Saint, l'Alliance entre Dieu et l'humanité a été scellée de manière parfaite. Tout dans l'Eglise, chaque institution et ministère, y compris celui de Pierre et de ses successeurs, est "enveloppé" par le manteau de la Vierge, dans l'espace rempli de grâce de son "oui" à la volonté de Dieu. Il s'agit d'un lien qui a naturellement en chacun de nous une forte résonance affective, mais qui a avant tout une valeur objective. Entre Marie et l'Eglise il existe en effet une conformité de nature que le Concile Vatican II a fortement soulignée par l'heureux choix de placer le traité sur la Bienheureuse Vierge Marie en conclusion de la Constitution sur l'Eglise, Lumen gentium.

Citation Benoit XVI (2)

Benoît XVI (2)
Homélie, Jeudi 8 décembre 2005, § 4 (Solennité de l'Immaculée Conception)

Qu'est-ce que signifie "Marie l'Immaculée" ? Ce titre a-t-il quelque chose à nous dire ? La liturgie d'aujourd'hui éclaire pour nous le contenu de cette parole à travers deux grandes images. Il y a tout d'abord le récit merveilleux de l'annonce à Marie, la Vierge de Nazareth, de la venue du Messie. Le salut de l'Ange est tissé de fils de l'Ancien Testament, en particulier du prophète Sophonie. Celui-ci fait voir que Marie, l'humble femme de province qui est issue d'une lignée sacerdotale et qui porte en elle le grand patrimoine sacerdotal d'Israël, est "le saint reste" d'Israël auquel les prophètes, au cours de toutes les périodes de douleurs et de ténèbres, ont fait référence. En elle est présente la véritable Sion, celle qui est pure, la demeure vivante de Dieu. En elle demeure le Seigneur, en elle il trouve le lieu de Son repos. Elle est la maison vivante de Dieu, qui n'habite pas dans des édifices de pierre, mais dans le cœur de l'homme vivant. Elle est le germe qui, dans la sombre nuit d'hiver de l'histoire, jaillit du tronc abattu de David. En elle s'accomplit la parole du Psaume : "La terre a donné son fruit" (67, 7). Elle est le surgeon, duquel dérive l'arbre de la rédemption et des rachetés. Dieu n'a pas essuyé un échec, comme il pouvait sembler au début de l'histoire avec Adam et Eve, ou bien au cours de l'exil à Babylone, et comme il semblait à nouveau à l'époque de Marie, quand Israël était devenu un peuple sans importance dans une région occupée, avec bien peu de signes reconnaissables de sa sainteté. Dieu n'a pas failli. Dans l'humilité de la maison de Nazareth vit l'Israël saint, le reste pur. Dieu a sauvé et sauve son peuple. Du tronc abattu ressurgit à nouveau son histoire, devenant une nouvelle force vive qui oriente et envahit le monde. Marie est l'Israël saint ; elle dit "oui" au Seigneur, se met pleinement à sa disposition et devient ainsi le temple vivant de Dieu.

Citation Benoit XVI (1)

Benoît XVI (1)
Homélie, Samedi 25 mars 2006, § 1 (Annonciation du Seigneur, célébration Eucharistique pour la remise de l'anneau aux nouveaux Cardinaux)

Dans l'Incarnation du Fils de Dieu, nous reconnaissons en effet les débuts de l'Eglise. Tout provient de là. Toute réalisation historique de l'Eglise et également chacune de ses institutions doivent se référer à cette Source originelle. Elles doivent se référer au Christ, Verbe de Dieu incarné. C'est Lui que nous célébrons toujours : l'Emmanuel, le Dieu-avec-nous, par l'intermédiaire duquel s'est accomplie la volonté salvifique de Dieu le Père. Et cependant (nous contemplons cet aspect du Mystère précisément aujourd'hui) la Source divine s'écoule par un canal privilégié : la Vierge Marie. Utilisant une image éloquente, saint Bernard parle, à ce propos d'aquaeductus (cf. Sermo in Nativitate B.V. Mariae : PL 183, 437-448). En célébrant l'Incarnation du Fils nous ne pouvons pas, par conséquent, ne pas honorer sa Mère. C'est à Elle que fut adressée l'annonce de l'ange ; Elle l'accueillit, et lorsque du plus profond de son cœur Elle répondit : "Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole" (Lc 1, 38), à ce moment-là, le Verbe éternel commença à exister comme être humain dans le temps.