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11.2.07

Citation Jean-Paul II (60)

Jean-Paul II (60)
Encyclique Redemptoris Mater (25-III-1987), n. 41, §2

Par le mystère de l'Assomption au ciel se sont réalisés définitivement en Marie tous les effets de l'unique médiation du Christ, Rédempteur du monde et Seigneur ressuscité : "Tous revivront dans le Christ. Mais chacun à son rang : comme prémices, le Christ, ensuite ceux qui seront au Christ, lors de son Avènement" (1 Co 15, 22-23). Dans le mystère de l'Assomption s'exprime la foi de l'Eglise, selon laquelle Marie est "unie par un lien étroit et indissoluble" au Christ, car si, en tant que mère et vierge, elle lui était unie de façon singulière lors de sa première venue, par sa continuelle coopération avec lui elle le sera aussi dans l'attente de la seconde venue ; "rachetée de façon suréminente en considération des mérites de son Fils" , elle a aussi ce rôle, propre à la Mère, de médiatrice de la clémence lors de la venue définitive, lorsque tous ceux qui sont au Christ revivront et que "le dernier ennemi détruit sera la Mort" (1 Co 15, 26).

10.2.07

Citation Jean-Paul II (59)

Jean-Paul II (59)
Encyclique Redemptoris Mater (25-III-1987), n. 41, §1

Par sa médiation subordonnée à celle du Rédempteur, Marie contribue d'une manière spéciale à l'union de l'Eglise en pèlerinage sur la terre avec la réalité eschatologique et céleste de la communion des saints, puisqu'elle a déjà été "élevée au ciel" . La vérité de l'Assomption, définie par Pie XII, est réaffirmée par le Concile Vatican II, qui exprime ainsi la foi de l'Eglise : "Enfin, la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19, 16), victorieux du péché et de la mort" . Par cet enseignement, Pie XII se reliait à la Tradition, qui a trouvé de multiples expressions dans l'histoire de l'Eglise, tant en Orient qu'en Occident.

7.2.07

Citation Jean-Paul II (58)

Jean-Paul II (58)
Lettre aux prêtres, 23-III-2000, n. 4 (Du Cénacle, Jérusalem)

Il est vrai que, dans l'histoire du sacerdoce comme dans celle de tout le peuple de Dieu, on sent aussi la présence obscure du péché. Bien souvent, la fragilité humaine des ministres a obscurci en eux le visage du Christ. Comment s'en étonner, précisément ici au Cénacle ? Ici, non seulement s'est consommée la trahison de Judas, mais Pierre lui-même a dû prendre conscience de sa faiblesse en recevant l'amère prophétie du reniement. Certes, en choisissant des hommes comme les Douze, le Christ ne se faisait pas d'illusion : c'est sur cette faiblesse humaine qu'il posa le sceau sacramentel de sa présence. Saint Paul nous en indique la raison : "Ce trésor, nous le portons en des vases d'argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous" (2 Co 4, 7).

C'est pourquoi, malgré toutes les fragilités de ses prêtres, le peuple de Dieu a continué à croire en la force du Christ qui agit par leur ministère.

6.2.07

Citation Jean-Paul II (57)

Jean-Paul II (57)
Homélie, Dimanche 29 juin 2003, n. 3 (Solennité de St Pierre et St Paul)

"Béni soit le Seigneur qui libère ses amis" (Psaume responsorial). Si nous pensons à la vocation et à l'histoire personnelle des deux Apôtres Pierre et Paul, nous remarquons comment la charge apostolique et missionnaire a été proportionnelle à la profondeur de leur conversion. Eprouvés par l'expérience amère de la misère humaine, ils ont été libérés par le Seigneur.

Grâce à l'humiliation du reniement et aux larmes abondantes qui le purifièrent intérieurement, Simon devint Pierre, c'est-à-dire le "roc" : affermi par la force de l'Esprit, il déclara par trois fois son amour à Jésus, recevant le mandat d'en paître le troupeau (cf. Jn 21, 15-17).

L'expérience de Saul fut analogue : ce Seigneur, qu'il persécutait (cf. Ac 9, 5), "l'appela par sa grâce" (cf. Ga 1, 15) en le foudroyant sur la route de Damas. Il le libéra ainsi de ses préjugés, en le transformant radicalement, et il en fit "un instrument élu" pour apporter son nom à toutes les nations (cf. Ac 9, 15).

Tous deux devinrent de cette façon des "amis du Seigneur".

2.2.07

Citation Jean-Paul II (56)

Jean-Paul II (56)
Lettre aux prêtres, 23-III-2000, n. 4 (Du Cénacle, Jérusalem)

"Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin". On sait que, à la différence des autres Évangiles, celui de Jean ne fait pas le récit de l'institution de l'Eucharistie, déjà évoquée par Jésus dans le long discours près de Capharnaüm (cf. Jn 6, 26-65), mais il décrit longuement le geste du lavement des pieds. Plus qu'un exemple d'humilité proposé à notre imitation, cette initiative de Jésus, qui déconcerte Pierre, est avant tout une révélation du caractère radical de la condescendance de Dieu envers nous. Dans le Christ, en effet, c'est Dieu qui "s'est dépouillé" et a pris "la forme d'esclave" jusqu'à l'humiliation suprême de la Croix (cf. Ph 2, 7) pour permettre à l'humanité d'accéder à l'intimité de la vie divine : les grands discours qui, dans l'Évangile de Jean, suivent le geste du lavement des pieds et qui en sont comme le commentaire, se présentent comme une introduction au mystère de la communion trinitaire, à laquelle le Père nous appelle en nous greffant sur le Christ par le don de l'Esprit.

Cette communion doit être vécue selon la logique du commandement nouveau : "Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" (Jn 13, 34). Ce n'est pas par hasard que la prière sacerdotale couronne cette "mystagogie" en montrant le Christ dans son unité avec le Père, prêt à retourner vers Lui à travers le sacrifice de lui-même et ne voulant rien d'autre que faire participer ses disciples à son unité avec le Père : "Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous" (Jn 17, 21).

1.2.07

Citation Jean-Paul II (55)

Jean-Paul II (55)
Homélie, 28 mars 2002, n. 2 (Messe "in Cena Domini")

"Faites ceci en mémoire de moi" (1 Co 11, 24-25). Avec ce commandement, qui nous engage à répéter son geste, Jésus conclut l'institution du Sacrement de l'Autel. Au terme du lavement des pieds, Il nous invite également à l'imiter : "Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous" (Jn 13, 15). Il établit de cette façon une corrélation intime entre l'Eucharistie, sacrement de son don sacrificiel, et le commandement de l'amour, qui nous engage à accueillir et à servir nos frères.

On ne peut pas séparer la participation à la table du Seigneur du devoir d'aimer son prochain. Chaque fois que nous participons à l'Eucharistie, nous prononçons nous aussi notre "Amen" devant le Corps et le Sang du Seigneur. Nous nous engageons de cette façon à faire ce que le Christ a fait, "laver les pieds" de nos frères, en nous transformant en image concrète et limpide de Celui qui "s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave" (Ph 2, 7).

L'amour est l'héritage le plus précieux qu'Il laisse à ceux qu'il appelle à sa suite. C'est son amour, partagé par ses disciples, qui est ce soir offert à l'humanité tout entière.

30.1.07

Citation Jean-Paul II (54)

Jean-Paul II (54)
Audience générale, mercredi 3 mars 1999, n. 4

L'Evangile de Marc nous a conservé le terme araméen de "Abba" (cf. 14, 36) avec lequel Jésus, à l'heure douloureuse du Gethsémani, a invoqué le Père, le priant d'éloigner de lui la coupe de la passion. L'Evangile de Matthieu nous en a rapporté dans le même épisode la traduction : "Mon Père" (cf. Mt 26, 39, cf. également v. 42), tandis que Lucas utilise simplement "Père" (cf. Lc 22, 42). Le terme araméen, que nous pourrions traduire dans les langues modernes par "papa", "cher papa", exprime la tendresse affectueuse d'un fils. Jésus l'utilise de manière originale pour s'adresser à Dieu et pour indiquer, dans la pleine maturité de sa vie qui s'apprête à se conclure sur la croix, le rapport étroit qui, en cette heure dramatique également, le lie à son Père. "Abba" indique la proximité extraordinaire entre Jésus et Dieu le Père, une intimité sans précédent dans le contexte religieux biblique ou extra-biblique. En vertu de la mort et de la résurrection de Jésus, Fils unique de ce Père, nous aussi, aux dires de saint Paul, sommes élevés à la dignité de fils et nous possédons l'Esprit Saint qui nous pousse à crier : "Abba, Père !" (cf. Rm 8, 15; Ga 4, 6). Cette simple expression du langage infantile, utilisé quotidiennement dans le milieu de Jésus et chez tous les peuples, a revêtu ainsi une signification doctrinale d'une importance fondamentale pour exprimer la paternité divine particulière à l'égard de Jésus et de ses disciples.

29.1.07

Citation Jean-Paul II (53)

Jean-Paul II (53)
Audience générale, mercredi 1er mai 2002

Aujourd'hui, premier mai, nous célébrons la Fête du travail. Pour nous, chrétiens, celle-ci est placée sous la protection de saint Joseph travailleur. Cet événement important est souligné par diverses initiatives qui tendent à mettre en évidence l'importance et la valeur du travail, à travers lequel l'homme, en transformant la nature et en l'adaptant à ses propres besoins, se réalise lui-même en tant qu'homme.

L'invitation à dominer la terre (cf. Gn 1, 28), placée au début de l'histoire du salut, revêt à ce propos un intérêt déterminant et toujours actuel. La création est un don de Dieu confié à la créature humaine afin que, en la cultivant et en la conservant avec soin, celle-ci puisse pourvoir à ses nécessités. C'est du travail que provient le "pain quotidien", que nous invoquons dans la prière du Notre Père.

On pourrait dire, dans un certain sens, qu'à travers le travail, l'homme devient plus homme. Voilà pourquoi le goût du travail est une vertu. Mais pour que le goût du travail permette effectivement à l'homme de devenir plus homme, il faut qu'il soit toujours accompagné par l'ordre social du travail. Ce n'est qu'à ces conditions que sont sauvegardées la dignité inaliénable de la personne et la valeur humaine et sociale de l'activité du travail. Confions à la protection attentive de saint Joseph travailleur ceux qui, partout dans le monde, appartiennent à la grande famille du travail.

28.1.07

Citation Jean-Paul II (52)

Jean-Paul II (52)
Homélie, 4 avril 2004, Dimanche des Rameaux, n. 1 et 2 (XIX Journée Mondiale de la Jeunesse)

Dans l'atmosphère de joie, voilée de tristesse, qui caractérise le Dimanche des Rameaux, nous célébrons la dix-neuvième Journée mondiale de la Jeunesse. Cette année, elle a pour thème : Nous voulons voir Jésus (Jn 12, 21), qui fut la requête que quelques Grecs (Jn 12, 20), venus à Jérusalem pour la fête de Pâques, adressèrent aux Apôtres.

Face à la foule venue pour l'écouter, le Christ proclama : Et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi (Jn 12, 32). Voilà donc sa réponse : tous ceux qui cherchent le Fils de l'homme le verront lors de la fête de Pâques, comme le véritable Agneau immolé pour le salut du monde.

Jésus meurt sur la Croix pour chacun et chacune d'entre nous. La Croix est, par conséquent, le signe le plus grand et le plus éloquent de son amour miséricordieux, l'unique signe de salut pour chaque génération et pour l'humanité tout entière.

25.1.07

Citation Jean-Paul II (51)

Jean-Paul II (51)
Homélie, 4 avril 2004, Dimanche des Rameaux, n. 1 (XIX Journée Mondiale de la Jeunesse)

Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur (Lc 19, 38).

C'est avec ces paroles que la population de Jérusalem accueillit Jésus lors de son entrée dans la ville sainte, l'acclamant comme le roi d'Israël. Cependant, quelques jours plus tard, la même foule le repoussera avec des cris hostiles : Crucifie-le! Crucifie-le ! (Lc 23, 21). La liturgie du Dimanche des Rameaux nous fait revivre ces deux moments de la dernière semaine de la vie terrestre de Jésus. Elle nous plonge dans cette foule si inconstante, qui en quelques jours passa de l'enthousiasme joyeux au mépris homicide.

Dans l'atmosphère de joie, voilée de tristesse, qui caractérise le Dimanche des Rameaux, nous célébrons la dix-neuvième Journée mondiale de la Jeunesse. Cette année, elle a pour thème : Nous voulons voir Jésus (Jn 12, 21), qui fut la requête que quelques Grecs (Jn 12, 20), venus à Jérusalem pour la fête de Pâques, adressèrent aux Apôtres.

23.1.07

Citation Jean-Paul II (50)

Jean-Paul II (50)
Lettre Apostolique Mulieris dignitatem (15-VIII-1988), n. 13

Une autre pécheresse publique, malgré la réprobation encourue dans l'opinion commune, entre dans la maison du pharisien pour répandre de l'huile parfumée sur les pieds de Jésus. Celui-ci dira d'elle à son hôte scandalisé par ce geste : "Ses nombreux péchés lui sont remis, parce qu'elle a montré beaucoup d'amour" (cf. Lc 7, 37-47).

Enfin, voici le cas peut-être le plus éloquent : on amène à Jésus une femme surprise en adultère. A la question provocatrice : "Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?", Jésus répond: "Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre". Dans cette réponse, la densité de vérité était telle qu'"ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus vieux". Seuls demeurent Jésus et la femme. "Où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?" - "Personne, Seigneur". - "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais, ne pèche plus" (cf. Jn 8, 3-11).

Ces épisodes constituent un tableau d'ensemble très transparent. Le Christ est celui qui "sait ce qu'il y a dans l'homme" (cf. Jn 2, 25), dans l'homme et la femme. Il connaît la dignité de l'homme, sa valeur aux yeux de Dieu. Par son être même, le Christ confirme pour toujours cette valeur. Tout ce qu'il dit et tout ce qu'il fait a son accomplissement définitif dans le mystère pascal de la Rédemption. L'attitude de Jésus à l'égard des femmes rencontrées sur son chemin au cours de son ministère messianique est le reflet de l'éternel dessein de Dieu qui, en créant chacune d'elles, la choisit et l'aime dans le Christ (cf. Ep 1, 1-5).

21.1.07

Citation Jean-Paul II (49)

Jean-Paul II (49)
Lettre Apostolique Mulieris dignitatem (15-VIII-1988), n. 13

Dans tout l'enseignement de Jésus, et aussi dans son comportement, on ne trouve rien qui reflète la discrimination de la femme habituelle à son époque. Au contraire, ses paroles et ses actes expriment toujours le respect et l'honneur dus à la femme. La femme courbée est appelée "fille d'Abraham" (Lc 13, 16), alors que dans toute la Bible le titre de "fils d'Abraham" n'est attribué qu'aux hommes. Parcourant le chemin de Croix jusqu'au Golgotha, Jésus dira aux femmes : "Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi" (Lc 23, 28). Cette façon de parler des femmes et aux femmes, ainsi que la façon de les traiter, constitue clairement une "nouveauté" par rapport aux mœurs prévalant alors.

C'est encore plus manifeste quand il s'agit de ces femmes que l'opinion désignait couramment avec mépris comme des pécheresses, des pécheresses publiques et des adultères. Par exemple, la Samaritaine, à qui Jésus déclare: "En réalité, tu as eu cinq maris et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari". Et elle, comprenant qu'il connaissait les secrets de sa vie, reconnaît en lui le Messie et court l'annoncer à ses compatriotes. Le dialogue qui précède cette reconnaissance est un des plus beaux de l'Evangile (cf. Jn 4, 7-27).

20.1.07

Citation Jean-Paul II (48)

Jean-Paul II (48)
Homélie, 8 juin 1999, n. 1 et 3, à Elk (Pologne)

Saint Luc, dans l'Evangile que nous venons d'entendre, nous rapporte la rencontre de Jésus avec un homme très riche appelé Zachée, chef des publicains. Comme il était de petite taille, il monta sur un arbre pour voir le Christ. Il entendit alors les paroles du maître : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi". Jésus avait remarqué le geste de Zachée : il interpréta son désir et anticipa l'invitation. D'aucuns furent même stupéfaits du fait que Jésus aille trouver un pécheur. Zachée, heureux de la visite "reçut Jésus plein de joie" (cf. Lc 19, 6), c'est-à-dire qu'il ouvrit généreusement la porte de sa maison et de son cœur à la rencontre avec le Sauveur.

"Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres" (Lc 19, 8). Je désire revenir à la lecture de l'Evangile de saint Luc : le Christ "la lumière du monde" (cf. Jn 8, 12) a apporté sa lumière dans la maison de Zachée, et de façon particulière dans son cœur. Grâce à la proximité de Jésus, de ses paroles et de son enseignement, la transformation du cœur de cet homme commence à s'accomplir. Sur le seuil de sa maison, Zachée déclare déjà : "Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple" (Lc 19, 8). A partir de l'exemple de Zachée, nous voyons comment le Christ illumine les ténèbres de la conscience humaine. A sa lumière, les horizons de l'existence s'élargissent : c'est le début de la prise de conscience des autres hommes et de leurs nécessités. Le sens du lien avec l'autre, la conscience de la dimension sociale de l'homme et, en conséquence, le sens de la justice, naissent. "Le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité" enseigne saint Paul (Ep 5, 9). L'ouverture vers l'autre homme, vers le prochain, constitue l'un des fruits principaux d'une conversion sincère. L'homme se défait de son attitude égoïste "être pour lui-même" et se tourne vers les autres, ressent le besoin d'"être pour les autres, d'être pour ses frères.

Une telle ouverture du cœur dans la rencontre avec le Christ est le gage du salut, comme le révèle la suite de l'entretien avec Zachée : "Et Jésus lui dit : "Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison [...] car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 9-10).

18.1.07

Citation Jean-Paul II (47)

Jean-Paul II (47)
Audience générale, mercredi 21 octobre 1998, n. 3

"Qui me suit — proclame-t-il encore — aura la lumière de la vie" (Jn 8, 12). La vie que Jésus-Christ nous donne est une eau vive qui satisfait le désir le plus profond de l'homme et l'introduit comme son fils, dans la pleine communion avec Dieu. Cette eau vive qui donne la vie est l'Esprit Saint.

Dans le dialogue avec la Samaritaine, Jésus préannonce ce don divin : "Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c'est toi qui l'aurais prié et il t'aurait donné de l'eau vive [...] Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau ; mais qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle" (Jn 4, 10.13-14). Préannonçant ensuite, à l'occasion de la fête des Tentes, sa mort et sa résurrection, Jésus s'exclame toujours à haute voix, comme pour se faire entendre des hommes de tous les lieux et de tous les temps : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi; et qu'il boive, celui qui croit en moi ! Comme le dit l'Ecriture : De son sein couleront des fleuves d'eau vive". L'Evangéliste Jean précise le sens de ces fleuves d'eau vive : "Il parlait de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui" (Jn 7, 37-39).

17.1.07

Citation Jean-Paul II (46)

Jean-Paul II (46)
Audience générale, mercredi 9 août 2000, n. 3

Lorsqu'il croise la vie d'une personne, Jésus touche sa conscience, lit dans son cœur, comme cela a lieu avec la Samaritaine, à laquelle il dit "tout ce qu'elle a fait" (cf Jn 4, 29). En particulier, il fait jaillir le repentir et l'amour, comme cela a lieu pour Zachée, qui donne la moitié de ses biens aux pauvres et restitue le quadruple de ce qu'il a extorqué (cf 19, 8). C'est ce qui arrive également à la pécheresse repentie à laquelle sont pardonnés ses péchés "parce qu'elle a montré beaucoup d'amour" (Lc 7, 47) et à la femme adultère qui n'est pas jugée, mais invitée à conduire une existence loin du péché (cf. Jn 8, 11). La rencontre avec Jésus est semblable à une régénération : elle donne origine à une créature nouvelle, capable d'un véritable culte, qui consiste dans l'adoration du père "en esprit et en vérité" (Jn 4, 23-24).

16.1.07

Citation Jean-Paul II (45)

Jean-Paul II (45)
Lettre aux personnes âgées (1-X-1999), n. 7

Membre estimé du Sanhédrin, Nicodème est un homme âgé. Il se rend de nuit chez Jésus pour ne pas attirer l'attention. Le divin Maître lui révèle qu'Il est le Fils de Dieu, venu pour sauver le monde (cf. Jn 3, 1-21). Nous retrouverons Nicodème au moment de l'ensevelissement du Christ, lorsque, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, il triomphera de la peur et s'affirmera comme disciple du Crucifié (cf. Jn 19, 38-40). Quels témoignages réconfortants ! Ils nous montrent qu'à tout âge le Seigneur demande à chacun d'apporter ses talents. Le service de l'Evangile n'est pas une question d'âge.

14.1.07

Citation Jean-Paul II (44)

Jean-Paul II (44)
Audience générale, 1er avril 1998, n. 5

Paul révèle l'effet essentiel du baptême, lorsqu'il écrit aux Galates : "Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ" (3, 27). Il existe une ressemblance fondamentale entre le chrétien et Dieu, qui implique le don de la filiation divine adoptive. Précisément parce qu'ils sont "baptisés dans le Christ", les chrétiens sont à un titre particulier "fils de Dieu". Le baptême produit une véritable "renaissance".

La réflexion de Paul se rattache à la doctrine transmise par l'Evangile de Jean, et plus particulièrement au dialogue de Jésus avec Nicodème : "A moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est Esprit" (3, 5-6).

"Naître d'eau" est une référence claire au baptême, qui apparaît ainsi comme une véritable renaissance de l'Esprit. En effet, en celui-ci, l'homme reçoit l'Esprit de la vie qui a "consacré" l'humanité du Christ dès le moment de l'Incarnation et que le Christ lui-même a déversé en vertu de son œuvre rédemptrice.

L'Esprit Saint fait naître et croître en chaque chrétien une vie "spirituelle" divine, qui anime et élève tout son être. A travers l'Esprit, la vie même du Christ produit ses fruits dans l'existence chrétienne.

12.1.07

Citation Jean-Paul II (43)

Jean-Paul II (43)
Encyclique Veritatis splendor (6-VIII-1993), n. 16

La réponse rappelant les commandements ne satisfait pas le jeune homme qui interroge Jésus : "Tout cela, je l'ai observé ; que me manque-t-il encore ?" (Mt 19, 20). Il n'est pas facile de dire avec bonne conscience "tout cela, je l'ai observé", si l'on comprend à peine la portée effective des exigences contenues dans la Loi de Dieu. Cependant, s'il lui est possible de donner une réponse semblable, s'il a aussi suivi l'idéal moral avec sérieux et avec générosité depuis son enfance, le jeune homme riche sait qu'il est encore loin du but ; face à la personne de Jésus, il saisit que quelque chose lui manque encore. C'est en fonction de cette prise de conscience d'insuffisance que Jésus s'adresse à lui dans sa dernière réponse : en saisissant la nostalgie d'une plénitude qui dépasse l'interprétation légaliste des commandements, le bon Maître invite le jeune homme à entrer dans le chemin de la perfection : "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi" (Mt 19, 21).

11.1.07

Citation Jean-Paul II (42)

Jean-Paul II (42)
Encyclique Dives in Misericordia (30-XI-1980), n. 6

La description précise de l'état d'ame de l'enfant prodigue nous permet de comprendre avec exactitude en quoi consiste la miséricorde divine. Il n'y a aucun doute que, dans cette simple mais pénétrante analogie, la figure du père de famille nous révèle Dieu comme Père. Le comportement du père de la parabole, sa manière d'agir, qui manifeste son attitude intérieure, nous permet de retrouver les différents aspects de la vision vétéro-testamentaire de la miséricorde dans une synthèse totalement nouvelle, pleine de simplicité et de profondeur. Le père de l'enfant prodigue est fidèle à sa paternité, fidèle à l'amour dont il comblait son fils depuis toujours. Cette fidélité ne s'exprime pas seulement dans la parabole par la promptitude de l'accueil, lorsque le fils revient à la maison après avoir dilapidé son héritage ; elle s'exprime surtout bien davantage par cette joie, par cette fête si généreuse à l'égard du prodigue après son retour qu'elle suscite l'opposition et l'envie du frère aîné qui, lui, ne s'était jamais éloigné de son père et n'avait jamais abandonné la maison.

La fidélité à soi-même de la part du père - un aspect déjà connu par le terme vétéro-testamentaire «hesed» - est en même temps exprimée d'une manière particulièrement chargée d'afféction. Nous lisons en effet que le père, voyant l'enfant prodigue revenir à la maison, «fut pris de pitié, courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement» . Il agit évidemment poussé par une profonde affection, et cela peut expliquer aussi sa générosité envers son fils, générosité qui indignera tellement le frère aîné. Cependant, les causes de cette émotion doivent être recherchées plus profondément : le père est conscient qu'un bien fondamental a été sauvé, l'humanité de son fils. Bien que celui-ci ait dilapidé son héritage, son humanité est cependant sauve. Plus encore, elle a été comme retrouvée. Les paroles que le père adresse au fils aîné nous le disent : «Il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !». Dans le même chapitre XV de l'Evangile selon saint Luc, nous lisons la parabole de la brebis perdue, puis celle de la drachme retrouvée. Chaque fois y est mise en relief la même joie que dans le cas de l'enfant prodigue. La fidélité du père à soi-même est totalement centrée sur l'humanité du fils perdu, sur sa dignité. Ainsi s'explique surtout sa joyeuse émotion au moment du retour à la maison.

10.1.07

Citation Jean-Paul II (41)

Jean-Paul II (41)
Encyclique Dives in Misericordia (30-XI-1980), n. 5

Dans l'enseignement du Christ lui-même, cette image, héritée de l'Ancien Testament, se simplifie et en même temps s'approfondit. Cela est peut-être évident surtout dans la parabole de l'enfant prodigue, où l'essence de la miséricorde divine - bien que le mot "miséricorde" ne s'y trouve pas - est exprimée d'une manière particulièrement limpide. Cela vient moins des termes, comme dans les Livres vétéro-testamentaires, que de l'exemple employé, qui permet de mieux comprendre le mystère de la miséricorde, ce drame profond qui se déroule entre l'amour du père et la prodigalité et le péché du fils.

Ce fils, qui reçoit de son Père la part d'héritage qui lui revient et qui abandonne la maison pour tout dépenser dans un pays lointain "en vivant dans l'inconduite", est en un certain sens l'homme de tous les temps, à commencer par celui qui le premier perdit l'héritage de la grâce et de la justice originelle. L'analogie est alors extrêmement large. La parabole touche indirectement chaque rupture de l'alliance d'amour, chaque perte de la grâce, chaque péché. L'infidélité du peuple d'Israël y est moins mise en relief que dans la tradition prophétique, bien que l'exemple de l'enfant prodigue puisse aussi s'y appliquer. Le fils, "quand il eut tout dépensé..., commença à sentir la privation", d'autant plus que survint une grande famine "en cette contrée" où il s'était rendu après avoir abandonné la maison paternelle. Et alors, "il aurait bien voulu avoir de quoi se rassasier", fût-ce "avec les caroubes que mangeaient les porcs" qu'il gardait pour le compte "d'un des habitants de cette contrée". Mais cela même lui était refusé.

L'analogie se déplace clairement vers l'intérieur de l'homme. Le patrimoine reçu de son père consistait en biens matériels, mais plus importante que ces biens était sa dignité de fils dans la maison paternelle. La situation dans laquelle il en était venu à se trouver au moment de la perte de ses biens matériels aurait dû le rendre conscient de la perte de cette dignité. Il n'y avait pas pensé auparavant, quand il avait demandé à son père de lui donner la part d'héritage qui lui revenait pour s'en aller au loin. Et il semble qu'il n'en soit pas encore conscient au moment où il se dit à lui-même : "Combien de mercenaires de mon père ont du pain en surabondance, et moi je suis ici à périr de faim". Il se mesure lui-même à la mesure des biens qu'il a perdus, qu'il ne "possède" plus, tandis que les salariés dans la maison de son père, eux, les "possèdent". Ces paroles expriment surtout son attitude envers les biens matériels. Néammoins, sous la surface des paroles, se cache le drame de la dignité perdue, la conscience du caractère filial gâché.