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31.10.06

Citation Jean-Paul II (20)

Jean-Paul II (20)
Exhortation Apostolique Redemptoris custos (15-VIII-1998), n. 14

Après la présentation au Temple, l'évangéliste Luc note : "Quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui." (Lc 2, 39-40.) Mais, selon le texte de Matthieu, avant ce retour en Galilée il faut placer un événement très important, pour lequel la divine Providence recourt encore à Joseph : "Après leur départ [des Mages], voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : "Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; et restes- y jusqu'à ce que je te dise. Car Herode va rechercher l'enfant pour le faire périr." (Mt 2, 13) Lorsque les Mages étaient venus de l'Orient, Herode avait appris la naissance du "roi des juifs" (Mt 2, 2). Et quand les Mages s'en allèrent, il "envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans" (Mt 2, 16). Ainsi, en les tuant tous, il voulait tuer ce nouveau-né, "roi des juifs", dont il avait entendu parler durant la visite des Mages à sa cour. Alors Joseph, après avoir entendu l'avertissement en songe, "prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte; et il resta la jusqu'à la mort d'Hérode, pour que s'accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : "D'Égypte j'ai appelé mon fils." (Mt 2, 1415; cf. Os 11, 1). La route du retour de Jésus de Bethléem à Nazareth passa donc par l'Égypte. De même qu'Israël avait, "de l'état d'esclavage", pris le chemin de l'exode pour commencer l'Ancienne Alliance, de même Joseph, dépositaire et coopérateur du mystère providentiel de Dieu, veille aussi en exil sur celui qui réalise la Nouvelle Alliance.

Citation Jean-Paul II (19)

Jean-Paul II (19)
Homélie, 25 février 2000, n. 1 (Messe au Palais des sports du Caire)

L'Evangile d'aujourd'hui nous rappelle la fuite de la Sainte Famille en Egypte, où elle est venue chercher refuge. "L'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : 'Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Egypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr'" (Mt 2, 13). De cette façon, le Christ, "qui s’est fait homme afin de rendre l’homme capable de recevoir la divinité" (S. Athanase d’Alexandrie, Contre les Ariens, 2, 59), a aussi voulu refaire le parcours qui fut celui de l'appel divin, ce trajet que son peuple avait emprunté, pour que tous les membres du peuple deviennent fils dans le Fils. Joseph "se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Egypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon fils" (Mt 2, 14-15). La Providence conduisait Jésus sur les routes où, autrefois, les Israélites avaient cheminé pour aller vers la terre promise, sous le signe de l'agneau pascal, en célébrant la Pâque. Jésus, l’Agneau de Dieu, lui aussi fut appelé d'Egypte par le Père, pour accomplir à Jérusalem la Pâque de l’alliance nouvelle et irrévocable, la Pâque définitive, la Pâque qui donne au monde le salut.

Citation Jean-Paul II (18)

Jean-Paul II (18)
Homélie 6-I-2002, n. 2 et 3

Combien le symbole de l'étoile, qui revient dans toute l'iconographie de Noël et de l'Epiphanie, est suggestif ! Aujourd'hui encore, il évoque des sentiments profonds même si, comme tant d'autres signes sacrés, il risque parfois de devenir banal en raison de l'usage lié à la consommation qui en est fait par la société. Toutefois, replacée dans son contexte d'origine, l'étoile que nous contemplons dans la crèche, parle également à l'esprit et au cœur de l'homme du troisième millénaire. Elle parle à l'homme sécularisé, réveillant en lui la nostalgie de sa condition de voyageur à la recherche de la vérité et désireux d'absolu. L'éthymologie même du verbe "désirer" évoque l'expérience des navigateurs, qui s'orientent la nuit en observant les astres, qui en latin s'appellent "sidera" (n. 2).

Qui ne ressent pas le besoin d'avoir une "étoile" qui le guide le long de son chemin sur terre ? Les individus comme les nations éprouvent cette nécessité. Pour répondre à cette aspiration de salut universel, le Seigneur a choisi un peuple, pour devenir l'étoile qui oriente "tous les clans de la terre" (Gn 12, 3). A travers l'Incarnation de son Fils, Dieu a ensuite élargi son élection à tous les autres peuples, sans distinction de race et de culture. C'est ainsi qu'est née l'Eglise, formée d'hommes et de femmes qui sont "rassemblés dans le Christ, conduits par l'Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d'un message de salut qu'il leur faut proposer à tous" (Gaudium et spes, n.1) (n. 3).

30.10.06

Citation Jean-Paul II (17)

Jean-Paul II (17)
Homélie, 6-I-2001, n. 3

Le Seigneur a accompli des merveilles pour nous, il nous a comblés de miséricorde. Nous devons aujourd'hui faire nôtres les sentiments de joie éprouvés par les Mages dans leur marche vers le Christ : "Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie". Nous devons surtout les imiter alors qu'ils déposent aux pieds de l'Enfant divin non seulement leurs dons, mais leur vie.

Citation Jean-Paul II (16)

Jean-Paul II (16)
Homélie, Samedi 1er février 2003, n. 2 (Fête de la Présentation du Seigneur)

Quarante jours après Noël, l'Eglise célèbre ce mystère joyeux très suggestif, qui, d'une certaine façon, anticipe la douleur du Vendredi Saint et la joie de la Pâque. La tradition orientale appelle la fête d'aujourd'hui la "fête de la rencontre", car, dans l'espace sacré du temple de Jérusalem, se réalise la rencontre entre la bienveillance de Dieu et l'attente du peupe élu.

Tout cela acquiert une signification et une valeur eschatologique dans le Christ : il est l'Epoux qui vient accomplir l'alliance nuptiale avec Israël. De nombreuses personnes sont appelées, mais combien d'entre elles sont réellement prêtes à l'accueillir, avec le cœur et l'esprit vigilant (cf. Mt 22, 14) ? Dans la liturgie d'aujourd'hui, nous contemplons Marie, modèle de ceux qui attendent et ouvrent docilement leur cœur à la rencontre avec le Seigneur.

29.10.06

Citation Jean-Paul II (15)

Jean-Paul II (15)
Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariae (16-X-2002), n. 20

Les deux derniers mystères (joyeux), qui conservent toutefois cette note de joie, anticipent les signes du drame. En effet, la présentation au temple, tout en exprimant la joie de la consécration et en plongeant le vieillard Syméon dans l'extase, souligne aussi la prophétie du "signe en butte à la contradiction" que sera l'Enfant pour Israël et de l'épée qui transpercera l'âme de sa Mère (cf. Lc 2, 34-35). L'épisode de Jésus au temple, lorsqu'il eut douze ans, est lui aussi tout à la fois joyeux et dramatique. Il se dévoile là dans sa divine sagesse tandis qu'il écoute et interroge ; et il se présente essentiellement comme celui qui "enseigne". La révélation de son mystère de Fils tout entier consacré aux choses du Père est une annonce de la radicalité évangélique qui remet en cause les liens même les plus chers à l'homme face aux exigences absolues du Royaume. Joseph et Marie eux-mêmes, émus et angoissés, "ne comprirent pas" ses paroles (Lc 2,50).

Citation Jean-Paul II (14)

Jean-Paul II (14)
Angelus 23-XII-2001

Pour saisir le sens et le don de grâce de ce Noël désormais imminent nous devons par conséquent nous mettre à l'école de la Madone et de son époux Joseph, que nous contemplerons à la crèche en adoration extasiée devant le Messie nouveau-né. (...) Il est un homme ouvert à l'écoute de Dieu dans la prière. (...) En synthèse, on peut définir Joseph, comme un authentique homme de foi, comme Marie, son épouse. La foi alliée à la justice et à la prière, telle est l'attitude adéquate pour rencontrer l'Emmanuel, le Dieu-avec-nous. Croire, en effet, signifie vivre dans l'histoire ouverts à l'initiative de Dieu, à la force créatrice de sa parole, qui dans le Christ s'est fait chair, en s'unissant pour toujours à notre humanité. Que la Vierge Marie et saint Joseph nous aident à célébrer ainsi, de façon fructueuse, la naissance du Rédempteur.

28.10.06

Citation Jean-Paul II (13)

Jean-Paul II (13)
Homélie, 24-XII-01, n.1

"Populus, qui ambulabat in tenebris, vidit lucem magnam. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière" (Is 9, 1). Chaque année, nous écoutons à nouveau ces paroles du prophète Isaïe dans le cadre évocateur de la célébration liturgique de la naissance du Christ. Chaque année, elles prennent une saveur nouvelle et nous font revivre le climat de l'attente et de l'espérance, de l'émerveillement et de la joie, caractéristique de Noël. Au peuple opprimé et souffrant qui marchait dans les ténèbres apparut "une grande lumière". Oui vraiment, une "grande" lumière, parce que la lumière qui rayonne de l'humilité de la crèche est la lumière de la nouvelle création. Si la première création a commencé par la lumière (cf. Gn 1, 3), la lumière par laquelle commence la nouvelle création est d'autant plus "grande" et plus resplendissante : c'est Dieu lui-même fait homme !

Citation Jean-Paul II (12)

Jean-Paul II (12)
Audience générale, 10 décembre 1997

La naissance de Jésus rend visible le mystère de l'Incarnation, qui s'était réalisé dans le sein de la Vierge dès le moment de l'Annonciation. En effet, elle met au monde ce petit enfant que, instrument docile et responsable du dessein divin, elle a conçu par l'action de l'Esprit Saint. Par cette humanité qu'il a reçue dans le sein de sa mère, le Fils éternel de Dieu commence à vivre comme un petit enfant et grandit " en sagesse et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes " (Lc 2, 52). Il montre ainsi qu'il est un homme véritable.

(...) Tout ce qui est humain, à l'exception du péché, le Fils de Dieu l'a assumé. L'Incarnation est le fruit d'un amour immense qui a poussé Dieu à vouloir partager pleinement notre condition humaine. Le fait que le Verbe de Dieu s'est fait homme a eu pour conséquence un changement fondamental dans la condition même du temps. Nous pouvons dire que, dans le Christ, le temps humain s'est rempli d'éternité.

Citation Jean-Paul II (11)

Jean-Paul II (11)
Audience générale, 1er octobre 2003

Parvenus au terme de notre longue réflexion sur les psaumes et les cantiques de la Liturgie des Laudes, nous voulons réfléchir quelques instants sur cette prière qui, chaque matin, scande le moment de prière que sont les Laudes. Il s'agit du Benedictus, le cantique entonné par le père de Jean-Baptiste, Zacharie, alors que la naissance de ce fils avait changé sa vie, effaçant le doute qui l'avait rendu muet, une punition significative pour son manque de foi et de louange.

Maintenant, au contraire, Zacharie peut célébrer Dieu qui sauve, et il le fait par cette hymne que nous rapporte l'évangéliste Luc sous une forme qui, certainement, reflète son usage liturgique à l'intérieur de la communauté chrétienne des origines (cf. Lc 1, 68-79).

Le même évangéliste déclare que c'est un chant prophétique, qui est né grâce au souffle de l'Esprit Saint (cf. 1, 67). Nous sommes en effet devant une bénédiction qui proclame les actions salvifiques et la libération offerte par le Seigneur à son peuple. C'est donc une lecture "prophétique de l'histoire", c'est-à-dire la découverte du sens intime et profond de toute l'histoire humaine, guidée par la main cachée mais agissante du Seigneur, qui se noue à celle, plus faible et incertaine, de l'homme.

27.10.06

Citation Jean-Paul II (10)

Jean-Paul II (10)
Homélie, Dimanche 24 juin 2001, nn. 1 et 2 (Solennité de la Nativité de saint Jean-Baptiste, à l'aéroport de Chayka, Ukraine)

"Yahvé m'a appelé dès le sein maternel, dès les entrailles de ma mère il a prononcé mon nom" (Is 49, 1). Nous célébrons aujourd'hui la naissance de saint Jean-Baptiste. Les paroles du prophète Isaïe s'adaptent bien à cette grande figure biblique qui se situe entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Dans la longue file des prophètes et des justes d'Israël, Jean "le Baptiseur" a été placé par la Providence immédiatement avant le Messie, pour Lui préparer la voie à travers la prédication et le témoignage de vie. Parmi tous les saints et les saintes, Jean est le seul dont la liturgie célèbre la naissance. Nous avons entendu dans la première Lecture que le Seigneur a appelé son Serviteur "dès les entrailles de sa mère". Dans sa plénitude, cette affirmation se réfère au Christ, mais, par reflet, elle peut également s'appliquer à son Précurseur. Tous deux viennent à la lumière grâce à une intervention particulière de Dieu : le premier naît de la Vierge, le second d'une femme âgée et stérile. Dès le sein maternel Jean préannonce Celui qui révélera au monde l'initiative d'amour de Dieu.

(...) "Jean est son nom" (Lc 1, 63). Zacharie confirme aux parents émerveillés le nom de leur fils, en l'écrivant sur une tablette. Dieu lui-même, par l'intermédiaire de son ange, avait indiqué ce nom, qui en hébreux signifie "Dieu est favorable". Dieu est favorable à l'homme : il veut qu'il vive, il veut son salut. Dieu est favorable à son peuple : il veut en faire une bénédiction pour toutes les nations de la terre. Dieu est favorable à l'humanité : il en guide le chemin vers la terre où règnent la paix et la justice. Tout cela est inscrit dans ce nom : Jean !

Citation Jean-Paul II (9)

Jean-Paul II (9)
Lettre aux personnes âgées (1-X-1999), n. 7

Rayonnant de la lumière du Christ, le Nouveau Testament compte, lui aussi, d'éloquentes figures de vieillards. L'Evangile de Luc s'ouvre par la présentation de deux époux "avancés en âge" (1, 7), Elisabeth et Zacharie, les parents de Jean-Baptiste. La miséricorde du Seigneur (cf. Lc 1, 5-25. 39-79) se tourne vers eux : on annonce à Zacharie, désormais âgé, la naissance d'un fils. C'est lui-même qui le souligne : "Moi, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge" (Lc 1, 18). Tandis que Marie vient lui rendre visite, sa vieille cousine Elisabeth, remplie de l'Esprit Saint, s'exclame : "Bénie es-tu entre les femmes et béni le fruit de ton sein" (Lc 1, 42) et, à la naissance de Jean-Baptiste, Zacharie entonne l'hymne du Benedictus. Voilà un admirable couple de vieillards, envahi par un profond esprit de prière.

Citation Jean-Paul II (8)

Jean-Paul II (8)
Audience générale, 6-V-1998, n. 1

La première béatitude rapportée dans l'Evangile est celle de la foi, qui fait référence à Marie : "Bienheureuse celle qui a cru" (Lc 1, 45). Ces paroles, prononcées par Elisabeth, soulignent le contraste entre l'incrédulité de Zacharie et la foi de Marie. Recevant le message de la future naissance de son fils, Zacharie avait eu du mal à y croire, jugeant la chose irréalisable, car sa femme et lui étaient d'un âge avancé.

Marie, lors de l'Annonciation, est confrontée à un message encore plus bouleversant, qui est la proposition de devenir la mère du Messie. A cette perspective, elle ne réagit pas par le doute, mais elle se limite à demander comment la virginité, à laquelle elle se sent appelée, peut être conciliée avec la vocation maternelle. L'ange lui ayant répondu en évoquant la toute-puissance divine agissant à travers l'Esprit, Marie accorde son consentement humble et généreux.

En ce moment unique de l'histoire de l'humanité, la foi joue un rôle décisif. Saint Augustin affirme à juste titre : "On croit et on conçoit le Christ à travers la foi. Tout d'abord, se réalise la venue de la foi dans le cœur de la Vierge, ensuite la fécondité vient dans le sein de la Mère" (Sermo 293, PL 38, 1327).

26.10.06

Citation Jean-Paul II (7)

Jean-Paul II (7)
Homélie, Dimanche 15 août 2004, n. 4 (Prairie de la Ribère, Lourdes)

Mon âme exalte le Seigneur... (Lc 1, 46). Lors de sa rencontre avec Élisabeth, les sentiments de Marie jaillissent avec force dans le cantique du Magnificat. Par ses lèvres s’expriment l’attente pleine d’espérance des "pauvres du Seigneur" ainsi que la conscience de l’accomplissement des promesses, parce que Dieu s’est souvenu de son amour (cf. Lc 1, 54). C’est précisément de cette conscience que jaillit la joie de la Vierge Marie, qui transparaît dans l’ensemble du cantique : joie de se savoir "regardée" par Dieu malgré sa "faiblesse" (cf. Lc 1, 48) ; joie en raison du "service" qu’il lui est possible de rendre, grâce aux "merveilles" auxquelles l’a appelée le Tout-Puissant (cf. Lc 1, 49) ; joie pour l’avant-goût des béatitudes eschatologiques, réservées aux "humbles" et aux "affamés" (cf. Lc 1, 52-53).

Après le Magnificat vient le silence ; rien n’est dit des trois mois de la présence de Marie aux côtés de sa cousine Élisabeth. Ou peut-être il nous est dit la chose la plus importante : le bien ne fait pas de bruit, la force de l’amour s’exprime dans la tranquille discrétion du service quotidien.

Citation Jean-Paul II (6)

Jean-Paul II (6)
Homélie, Dimanche 15 août 2004, n. 3 (Prairie de la Ribère, Lourdes)

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne... (Lc 1, 39). Les paroles du récit évangélique nous font percevoir avec les yeux du cœur la jeune fille de Nazareth en chemin vers la ville de Judée où demeurait sa cousine, pour lui offrir ses services. Ce qui nous touche avant tout en Marie, c’est son attention pleine de tendresse envers sa parente âgée. C’est un amour concret qui ne se limite pas à des paroles de compréhension mais qui s’engage personnellement dans une véritable assistance. A sa cousine, la Vierge ne donne pas simplement quelque chose qui lui appartient ; elle se donne elle-même, sans rien demander en retour. Elle a parfaitement compris que, plus qu’un privilège, le don reçu de Dieu est un devoir, qui l’engage envers les autres dans la gratuité qui est le propre de l’amour.

Citation Jean-Paul II (5)

Jean-Paul II (5)
Encyclique Ecclesia de Eucharistia, nn. 55 et 58

"Heureuse celle qui a cru" (Lc 1, 45) : dans le mystère de l'Incarnation, Marie a aussi anticipé la foi eucharistique de l'Église. Lorsque, au moment de la Visitation, elle porte en son sein le Verbe fait chair, elle devient, en quelque sorte, un "tabernacle" – le premier "tabernacle" de l'histoire – dans lequel le Fils de Dieu, encore invisible aux yeux des hommes, se présente à l'adoration d'Elisabeth, "irradiant" quasi sa lumière à travers les yeux et la voix de Marie (n. 55).

Dans l'Eucharistie, l'Église s'unit pleinement au Christ et à son sacrifice, faisant sien l'esprit de Marie. C'est une vérité que l'on peut approfondir en relisant le Magnificat dans une perspective eucharistique. En effet, comme le cantique de Marie, l'Eucharistie est avant tout une louange et une action de grâce. Quand Marie s'exclame : "Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur", Jésus est présent en son sein. Elle loue le Père "pour" Jésus, mais elle le loue aussi "en" Jésus et "avec" Jésus. Telle est précisément la véritable "attitude eucharistique" (n. 58).

25.10.06

Citation Jean-Paul II (4)

Jean-Paul II (4)
Exhortation Apostolique Redemptoris custos (15-VIII-1998), n. 3

En de telles circonstances, "Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier secrètement" (Mt 1, 19). Il ne savait pas quelle attitude adopter devant cette "étonnante" maternité de Marie. Il cherchait évidemment une réponse à la question qui l'inquiétait, mais surtout il cherchait une issue à cette situation difficile pour lui. Alors qu'il "avait formé ce projet, voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés" (Mt 1, 20-21).

Il y a une analogie étroite entre "l'annonciation" du texte de Matthieu et celle du texte de Luc. Le messager divin introduit Joseph dans le mystère de la maternité de Marie. Celle qui est son "épouse" selon la loi, tout en restant vierge, est devenue mère par le fait de l'Esprit Saint. Et quand le Fils que Marie porte en son sein viendra au monde, il devra recevoir le nom de Jésus. (...)

Le messager s'adresse à Joseph en tant qu'"époux de Marie", celui qui, le moment venu, devra donner ce nom au Fils qui naîtra de la Vierge de Nazareth qui l'a épousé. Il s'adresse donc à Joseph en lui confiant les devoirs d'un Père terrestre à l'égard du Fils de Marie. "A son réveil, Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse" (Mt 1, 24). Il la prit avec tout le mystère de sa maternité, il la prit avec le Fils qui devait venir au monde par le fait de l'Esprit Saint : il manifesta ainsi une disponibilité de volonté semblable à celle de Marie à l'égard de ce que Dieu lui demandait par son messager.

Citation Jean-Paul II (3)

Jean-Paul II (3)
Lettre Apostolique "Le progrès rapide" (24-I-2005), n. 5 (Aux responsables des Communications Sociales)

La communication entre Dieu et l’humanité a donc atteint sa perfection dans le Verbe fait chair. L’acte d’amour à travers lequel Dieu se révèle, uni à la réponse de foi de l’humanité, génère un dialogue fécond. Pour cela, en faisant nôtre, d’une certaine manière, la demande des disciples apprends-nous à prier (Lc 11, 1), nous pouvons demander au Seigneur de nous aider à comprendre comment communiquer avec Dieu et avec les hommes à travers les merveilleux instruments de la communication sociale. (...)

Le Verbe incarné nous a laissé l’exemple de comment communiquer avec le Père et avec les hommes, que ce soit en vivant des temps de silence et de recueillement, ou bien en prêchant en tous lieux et par tous les langages possibles.

Citation Jean-Paul II (2)

Jean-Paul II (2)
Lettre Apostolique Novo Millennio Ineunte (6-I-2001), n. 5

Il est certain que la coïncidence de ce Jubilé avec l'entrée dans un nouveau millénaire a favorisé, sans aucunement se livrer à des fantaisies millénaristes, la perception du mystère du Christ dans le vaste horizon de l'histoire du salut. Le christianisme est une religion insérée dans l'histoire ! C'est en effet sur le terrain de l'histoire que Dieu a voulu établir une alliance avec Israël et préparer ainsi la naissance de son Fils du sein de Marie "dans la plénitude du temps" (Ga 4,4). Considéré dans son mystère divin et humain, le Christ est le fondement et le centre de l'histoire, il en est le sens et le but ultime. C'est en effet par lui, Verbe et image du Père, que "tout a été fait" (Jn 1,3; cf. Col 1,15-16). Son incarnation, qui a son sommet dans le mystère pascal et dans le don de l'Esprit, constitue le cœur vibrant du temps, l'heure mystérieuse où le Règne de Dieu s'est fait proche (cf. Mc 1,15) et même s'est enraciné dans notre histoire comme une semence destinée à devenir un grand arbre (cf. Mc 4,30-32).

Citation Jean-Paul II (1)

Jean-Paul II (1)
Audience générale, 23 mars 1983, nn. 2-3

Là-bas, en Galilée, dans l'humble maison de Nazareth, à côté de l'archange Gabriel qui apporte l'annonce (sujet) et de Marie qui reçoit l'annonce (terme), c'est Lui qu'il faut entrevoir avec les yeux attentifs de la foi : c'est précisément Lui le contenu (objet) de l'Annonciation.

(...) Mais Jésus n'est pas encore là, du moins sur le plan des apparences. On dirait que, de même que le ciel et la terre attendent la réponse de Marie, de même le Verbe attend, tremblant et en secret, pour réaliser tout aussitôt l'éternel dessein du Père.