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23.2.07

Citation Benoit XVI (57)

Benoît XVI (57)
Homélie, Dimanche 4 juin 2006, § 1-2 (Pentecôte)

Le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint descendit avec puissance sur les Apôtres ; ainsi commença la mission de l'Eglise dans le monde. Jésus avait lui-même préparé les Onze à cette mission en leur apparaissant plusieurs fois après sa résurrection (cf. Ac 1, 3). Avant son ascension au Ciel, il leur donna l'ordre de "ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis" (cf. Ac 1, 4-5) ; il leur demanda en fait de demeurer ensemble pour se préparer à recevoir le don de l'Esprit Saint. Ils se réunirent en prière avec Marie au Cénacle, dans l'attente de l'événement promis (cf. Ac 1, 14).

Demeurer ensemble fut la condition posée par Jésus pour accueillir le don de l'Esprit Saint ; la condition nécessaire pour l'harmonie entre eux fut une prière prolongée. Une formidable leçon pour toute communauté chrétienne est présentée ici. On pense parfois que l'efficacité missionnaire dépend essentiellement d'une programmation attentive, suivie d'une mise en œuvre intelligente à travers un engagement concret. Le Seigneur demande certes notre collaboration, mais avant toute réponse de notre part, son initiative est nécessaire : le vrai protagoniste de l'Eglise est son Esprit. Les racines de notre être et de notre action se trouvent dans le silence sage et prévoyant de Dieu.

5.2.07

Citation Benoit XVI (47)

Benoît XVI (47)
Homélie, Jeudi 29 juin 2006, §6 (Solennité de St Pierre et St Paul)

"Toi donc, quand tu seras revenu" (Lc 22, 32) - cette parole est à la foi une prophétie et une promesse. Elle prophétise la faiblesse de Simon qui, devant une servante et un serviteur, niera connaître Jésus. A travers cette chute, Pierre - et avec lui chacun de ses successeurs - doit apprendre que sa propre force ne suffit pas à elle seule à édifier et à guider l'Eglise du Seigneur. Personne n'y réussit seul. Pour autant que Pierre semble capable et bon - dès le premier instant de l'épreuve, il échoue. "Toi donc, quand tu seras revenu" - le Seigneur, qui prédit sa chute, lui promet également la conversion : "Le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre..." (Lc 22, 61). Le regard de Jésus réalise la transformation et devient le salut de Pierre : Lui, "sortant dehors [...] pleura amèrement" (22, 62). Nous voulons implorer toujours à nouveau ce regard sauveur de Jésus : pour tous ceux qui, dans l'Eglise, ont une responsabilité ; pour tous ceux qui souffrent des confusions de notre temps ; pour les grands et les petits : Seigneur, regarde-nous toujours à nouveau et relève-nous de toutes nos chutes et prends-nous entre tes mains bienveillantes.

4.2.07

Citation Benoit XVI (46)

Benoît XVI (46)
Homélie, Jeudi 29 juin 2006, §5 (Solennité de St Pierre et St Paul)

Tournons-nous à présent vers l'Evangile de saint Luc, qui nous raconte comment le Seigneur, au cours de la Dernière Cène, confère à nouveau un devoir spécial à Pierre (cf. Lc 22, 31-33). Cette fois, les paroles de Jésus adressées à Simon se trouvent immédiatement après l'institution de la Très Sainte Eucharistie. (...) Il s'adresse alors à Pierre. Il dit que Satan a demandé de pouvoir cribler les disciples comme le blé. Cela évoque le passage du Livre de Job, dans lequel Satan demande à Dieu la faculté de frapper Job. Le diable - le calomniateur de Dieu et des hommes - veut, à travers cela, prouver qu'il n'existe pas de véritable religiosité, mais que dans l'homme, tout vise toujours et seulement à l'utilité. Dans le cas de Job, Dieu accorde à Satan la liberté requise précisément pour pouvoir défendre par cela sa créature, l'homme, et lui-même. Et c'est ce qui a lieu également avec les disciples de Jésus - Dieu donne une certaine liberté à Satan en tout temps. Il nous semble souvent que Dieu laisse trop de liberté à Satan ; qu'il lui accorde la faculté de nous secouer de façon trop terrible ; et que cela dépasse nos forces et nous opprime trop. Nous crierons toujours à nouveau à Dieu : hélas, vois la misère de tes disciples, de grâce, protège-nous ! En effet, Jésus poursuit : "Mais moi, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas" (Lc 22, 32). La prière de Jésus est la limite placée au pouvoir du malin. La prière de Jésus est la protection de l'Eglise. Nous pouvons nous réfugier sous cette protection, nous y agripper et placer notre certitude en elle. Mais, comme nous le dit l'Evangile : - Jésus prie de façon particulière pour Pierre : "... afin que ta foi ne défaille pas". Cette prière de Jésus est à la fois une promesse et un devoir. La prière de Jésus protège la foi de Pierre ; cette foi qu'il a confessée à Césarée de Philippe : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant" (Mt 16, 16). Voilà, ne laisse jamais cette foi devenir muette, affermis-la toujours à nouveau, précisément et même face à la croix et à toutes les contradictions du monde : tel est le devoir de Pierre. C'est pourquoi précisément le Seigneur ne prie pas seulement pour la foi personnelle de Pierre, mais pour sa foi comme service aux autres. C'est précisément cela qu'Il veut dire à travers les paroles : "Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères" (Lc 22, 32).

19.1.07

Citation Benoit XVI (39)

Benoît XVI (39)
Audience générale, 21 juin 2006, §2-3

Ce Jacques [le Majeur] appartient, avec Pierre et Jean, au groupe des trois disciples préférés qui ont été admis par Jésus à des moments importants de sa vie.

Comme il fait très chaud, je voudrais abréger et ne mentionner ici que deux de ces occasions. Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l'agonie de Jésus dans le jardin du Gethsémani, et à l'événement de la Transfiguration de Jésus. Il s'agit donc de situations très différentes l'une de l'autre : dans un cas, Jacques avec les deux Apôtres fait l'expérience de la gloire du Seigneur. Il le voit en conversation avec Moïse et Elie, il voit transparaître la splendeur divine en Jésus ; dans l'autre, il se trouve face à la souffrance et à l'humiliation, il voit de ses propres yeux comment le Fils de Dieu s'humilie, en obéissant jusqu'à la mort. La deuxième expérience constitua certainement pour lui l'occasion d'une maturation dans la foi, pour corriger l'interprétation unilatérale, triomphaliste de la première : il dut entrevoir que le Messie, attendu par le peuple juif comme un triomphateur, n'était en réalité pas seulement entouré d'honneur et de gloire, mais également de souffrances et de faiblesse. La gloire du Christ se réalise précisément dans la Croix, dans la participation à nos souffrances.

1.12.06

Citation Jean-Paul II (35)

Jean-Paul II (35)
Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariae (16-X-2002), n. 9

"Et il fut transfiguré devant eux: son visage devint brillant comme le soleil" (Mt 17, 2). L'épisode évangélique de la transfiguration du Christ, dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut être considéré comme icône de la contemplation chrétienne. Fixer les yeux sur le visage du Christ, en reconnaître le mystère dans le chemin ordinaire et douloureux de son humanité, jusqu'à en percevoir la splendeur divine définitivement manifestée dans le Ressuscité glorifié à la droite du Père, tel est le devoir de tout disciple du Christ; c'est donc aussi notre devoir. En contemplant ce visage, nous nous préparons à accueillir le mystère de la vie trinitaire, pour faire l'expérience toujours nouvelle de l'amour du Père et pour jouir de la joie de l'Esprit Saint. Se réalise ainsi pour nous la parole de saint Paul : "Nous reflétons tous la gloire du Seigneur, et nous sommes transfigurés en son image, avec une gloire de plus en plus grande, par l'action du Seigneur qui est Esprit" (2 Co 3, 18).

16.11.06

Citation Benoit XVI (33)

Benoît XVI (33)
Homélie, Samedi 6 mai 2006, §3 (Messe solennelle pour le V Centenaire de la fondation de la Garde Suisse pontificale)

Pour la Sagesse, il vaut alors la peine de renoncer à tout. Ce thème de "quitter" pour "trouver" est au centre du passage évangélique que venons d'écouter, tiré du chapitre 19 de saint Matthieu. Après l'épisode du "jeune homme riche", qui n'avait pas eu le courage de se détacher de ses "grands biens" pour suivre Jésus (cf. Mt 19, 22), l'Apôtre Pierre demande au Seigneur quelle récompense ils recevront, eux qui sont ses disciples et qui ont en revanche tout quitté pour être avec Lui (Mt 19, 27). La réponse du Christ révèle l'immense largesse de son cœur : aux Douze, il promet qu'ils participeront à son autorité sur le nouvel Israël ; à tous, ensuite, il assure que "quiconque aura laissé" les biens terrestres à cause de son nom, "recevra bien davantage et aura en héritage la vie éternelle" (Mt 19, 29). Celui qui choisit le Christ trouve le trésor le plus grand, la perle précieuse (cf. Mt 13, 44-46), qui donne une valeur à tout le reste, parce qu'Il est la Sagesse divine incarnée (cf. Jn 1, 14), venue dans le monde pour que l'humanité ait la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). Et celui qui accueille la bonté supérieure et la beauté et la vérité du Christ, en qui demeure toute la plénitude de Dieu (cf. Col 2, 9), entre avec Lui dans son Royaume, où les critères de valeurs de ce monde perdent leur sens et sont même renversés.

12.11.06

Citation Jean-Paul II (31)

Jean-Paul II (31)
Exhortation Apostolique Pastores gregis (16-X-2003), n. 6

Durant son pèlerinage sur cette terre, le Seigneur Jésus annonça l'Évangile du Royaume et l'inaugura en sa personne, révélant son mystère à tous les hommes. Il appela des hommes et des femmes à le suivre, et parmi les disciples il en choisit douze, pour qu'ils "soient avec lui" (Mc 3,14). L'Évangile selon saint Luc précise que Jésus fit ce choix après une nuit passée en prière sur la montagne (cf. Lc 6,12). Pour sa part, l'Évangile selon saint Marc semble donner à ce geste de Jésus le caractère d'un acte souverain, acte constitutif qui confère une identité à ceux qu'il a choisis : il en institua douze (Mc 3,14). Le mystère de l'élection des Douze est ainsi dévoilé : c'est un acte d'amour, voulu librement par Jésus, en union profonde avec le Père et avec l'Esprit Saint.

9.11.06

Citation Jean-Paul II (30)

Jean-Paul II (30)
Audience générale, 4-VIII-1993, n. 3

La communion sacerdotale suppose et comporte l’attachement de tous, évêques et prêtres, à la personne du Christ. Quand Jésus voulut faire participer les Douze à sa mission messianique, l’Évangile de Marc nous dit qu’il les appela et les institua "pour qu’ils soient avec lui" (Mc 3, 14). Au cours de la dernière Cène, il s’adressa à eux comme à ceux qui avaient persévéré avec lui dans l’épreuve (cf. Lc 22, 28), et il les recommanda au Père et demanda pour eux l’unité. En demeurant tous unis dans le Christ, ils demeuraient unis entre eux (cf. Jn 15, 4-11). La conscience de cette unité et de cette communion dans le Christ demeura vive chez les Apôtres durant la prédication qui, de Jérusalem, les amena dans les diverses régions du monde alors connu, sous l’action impérieuse et en même temps unifiante de l’Esprit de Pentecôte. Cette conscience transparaît dans leurs Lettres, dans les Évangiles et les Actes.

Quand il appelle les nouveaux prêtres au sacerdoce, Jésus-Christ leur demande aussi l’offrande de leur vie à sa personne, voulant ainsi les unir entre eux grâce à un rapport spécial de communion avec lui. C’est la vraie source de l’accord profond de l’esprit et du cœur qui unit les prêtres et les évêques dans la communion sacerdotale.

Citation Jean-Paul II (29)

Jean-Paul II (29)
Exhortation Apostolique Pastores dabo vobis (25-III-1992), n. 46

C'est là, avec le quærere Deum, un thème classique de la spiritualité chrétienne illustré de manière exemplaire par la vocation des Apôtres. En racontant comment les deux premiers disciples ont suivi Jésus, Jean met en lumière la place occupée par cette "recherche". C'est Jésus lui-même qui pose la question : "Que cherchez-vous ?" Et tous deux répondent : "Maître, où demeures-tu ?" L'évangéliste poursuit : "Il leur dit : 'Venez et voyez'. Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là" (Jn 1, 37-39). En un sens, la vie spirituelle de celui qui se prépare au sacerdoce est dominée par cette recherche : chercher et "trouver" le Maître, le suivre et demeurer avec lui. Dans le ministère et la vie du prêtre, il faudra continuer cette "recherche", car le mystère de l'imitation du Christ et de la participation à sa vie est inépuisable. De même, il faudra continuer à "trouver" le Maître en vue de le désigner aux autres, et mieux encore, en vue de susciter chez les autres le désir de chercher le Maître. Mais cela n'est vraiment possible que si l'on propose aux autres une "expérience" de vie, une expérience qui mérite d'être partagée. Ce fut la voie suivie par André pour conduire son frère Simon à Jésus. André, écrit l'évangéliste Jean, "rencontre au lever du jour son frère Simon et lui dit : 'Nous avons trouvé le Messie' - ce qui veut dire Christ. Il l'amena à Jésus". Et ainsi, Simon lui aussi sera appelé comme Apôtre à suivre le Messie : "Jésus le regarda et dit : 'Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t'appelleras Céphas' - ce qui veut dire Pierre" (Jn 1, 41-42).

Mais que signifie, dans la vie spirituelle, chercher le Christ ? Où le trouver ? "Rabbi, où demeures-tu ?" Le décret concilaire Optatam totius semble indiquer un triple chemin à parcourir : la méditation fidèle de la Parole de Dieu, la participation active aux saints mystères de l'Église, le service de la charité à l'égard des "petits".

Citation Jean-Paul II (28)

Jean-Paul II (28)
Exhortation Apostolique Pastores dabo vobis (25-III-1992), n. 38

Pour servir la vocation sacerdotale et son itinéraire, c'est-à-dire la naissance, le discernement et l'accompagnement de la vocation, l'Église peut trouver un exemple dans André, l'un des deux premiers disciples qui se mirent à la suite de Jésus. C'est lui-même qui se mit à raconter à son frère ce qui lui était arrivé : "Nous avons trouvé le Messie (c'est-à-dire le Christ)" (Jn 1, 41). Et la narration de cette "découverte" ouvre la voie à la rencontre : "Et il le conduisit à Jésus" (Jn 1, 42). Aucun doute sur l'initiative absolument libre et sur la décision souveraine de Jésus : c'est Jésus qui appelle Simon et lui donne un nouveau nom : "Jésus le regarda et dit : 'Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t'appelleras Céphas' (ce qui veut dire Pierre)" (Jn 1, 42). Mais André avait eu sa part d'initiative : il avait sollicité la rencontre de son frère avec Jésus.

"Et il le conduisit à Jésus". C'est ici, dans un sens, que se trouve le cœur de toute la pastorale des vocations par laquelle l'Église veille sur la naissance et la croissance des vocations, en se servant des dons et des responsabilités, des charismes et du ministère reçus du Christ et de son Esprit.

8.11.06

Citation Benoit XVI (27)

Benoît XVI (27)
Angelus, 12 mars 2006 (II Dimanche de Carême)

Tandis qu'ils se tenaient, stupéfaits, aux côtés du Seigneur transfiguré qui s'entretenait avec Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean furent soudain enveloppés d'une nuée, dont sortit une voix qui proclama : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; écoutez-le" (Mc 9, 7).

Lorsque l'on a la grâce de faire une profonde expérience de Dieu, c'est comme si l'on vivait quelque chose d'analogue à ce qui eut lieu pour les disciples au cours de la Transfiguration : pendant quelques instants, l'on a un avant-goût de ce qui constituera la béatitude du paradis. Il s'agit en général de brèves expériences, que Dieu concède parfois, en particulier en vue d'épreuves difficiles. Toutefois, il n'est donné à personne de vivre "sur le Thabor", tant que l'on se trouve sur cette terre. En effet, l'existence humaine est un chemin de foi et, en tant que tel, avance davantage dans l'ombre que dans la lumière, non sans moments d'obscurité, mais également d'intenses ténèbres. Tant que nous nous trouvons ici-bas, notre relation avec Dieu a lieu davantage dans l'écoute que dans la vision ; et la contemplation elle-même se réalise, pourrait-on dire, les yeux fermés, grâce à la lumière intérieure allumée en nous par la Parole de Dieu.

3.11.06

Citation Benoit XVI (25)

Benoît XVI (25)
Audience générale, Mercredi 15 mars 2006, §3

Un signe évident de l'intention du Nazaréen de réunir la communauté de l'alliance, pour manifester en elle la réalisation des promesses faites aux Pères, qui parlent toujours de convocation, d'unification, d'unité, est l'Institution des Douze. Nous avons écouté l'Evangile sur l'institution des Douze. J'en lis une fois de plus la partie centrale : "Puis il gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu'il voulait. Ils vinrent à lui et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons. Il institua donc les Douze..." (Mc 3, 13-16; cf. Mt 10, 1-4; Lc 6, 12-16). Sur le lieu de la révélation, "la montagne", Jésus, à travers une initiative qui manifeste une conscience et une détermination absolues, constitue les Douze afin qu'ils soient avec lui les témoins et les annonciateurs de l'avènement du Règne de Dieu. Il ne subsiste aucun doute sur le fondement historique de cet appel, non seulement en raison de l'ancienneté et de la multiplicité des témoignages, mais également en vertu du simple motif qu'y apparaît le nom de Judas, l'apôtre traître, en dépit des difficultés que cette présence pouvait comporter pour la communauté naissante. Le nombre Douze, qui rappelle de toute évidence les douze tribus d'Israël, révèle déjà la signification d'action prophétique et symbolique implicite dans la nouvelle initiative de refonder le peuple saint. Le système des douze tribus ayant disparu depuis longtemps, l'espérance d'Israël en attendait la reconstitution comme signe de l'avènement du temps eschatologique (que l'on pense à la conclusion du Livre d'Ezechiel : 37, 15-19; 39, 23-29; 40-48). En choisissant les Douze, en les introduisant dans une communion de vie avec lui et en les faisant participer à sa mission d'annonce du Règne en paroles et en actes (cf. Mc 6, 7-13; Mt 10, 5-8; Lc 9, 1-6; Lc 6, 13), Jésus veut dire qu'est arrivé le temps définitif où se constitue de nouveau le Peuple de Dieu, le peuple des douze tribus, qui devient à présent un peuple universel, son Eglise.

Citation Benoit XVI (24)

Benoît XVI (24)
Homélie, Mercredi 29 juin 2005, §4 (Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul)

Nous avons dit que catholicité de l'Eglise et unité de l'Eglise vont de pair. Le fait que ces deux dimensions nous deviennent visibles à travers les figures des saints Apôtres, nous indique déjà la caractéristique suivante de l'Eglise : elle est apostolique. Qu'est-ce que cela signifie ? Le Seigneur a institué douze Apôtres, de même que les fils de Jacob étaient douze, en les désignant ainsi comme les chefs de file du peuple de Dieu qui, désormais devenu universel, comprend dès lors tous les peuples. Saint Marc nous dit que Jésus appela les Apôtres pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher (Mc 3, 14). Cela semble presque une contradiction. Nous, nous dirions : ou ils sont avec lui, ou alors ils sont envoyés et se mettent en marche. Le saint Pape Grégoire le Grand prononça une phrase sur les anges qui nous aide à résoudre cette contradiction. Il dit que les anges sont toujours envoyés et, dans le même temps, sont toujours devant Dieu, et il poursuit ainsi : Ils sont envoyés partout, ils vont partout, ils marchent toujours dans le sein de Dieu (Homélie 34, 13). L'Apocalypse a qualifié les Evêques d'anges de leur Eglise, et nous pouvons donc en tirer l'application suivante : les Apôtres et leurs successeurs devraient toujours être avec le Seigneur et précisément ainsi - où qu'ils aillent - être toujours en communion avec Lui et vivre de cette communion.

Citation Benoit XVI (23)

Benoît XVI (23)
Audience générale, mercredi 22 mars 2006, §3

C'est précisément cet aspect [cf. Benoît XVI (22)] qui est mis en évidence par l'évangéliste Jean dès la première rencontre de Jésus avec les futurs apôtres. Ici, le cadre est différent. La rencontre se déroule sur les rives du Jourdain. La présence des futurs disciples, venus eux aussi, comme Jésus, de Galilée pour vivre l'expérience du baptême administré par Jean, apporte une lumière sur leur monde spirituel. C'étaient des hommes qui attendaient le Règne de Dieu, désireux de connaître le Messie, dont la venue était annoncée comme imminente. L'indication de Jean le Baptiste, qui montre en Jésus l'Agneau de Dieu (cf. Jn 1, 36) suffit pour que s'élève en eux le désir d'une rencontre personnelle avec le Maître. Les phrases du dialogue de Jésus avec les deux premiers futurs Apôtres sont très significatives. A la question : "Que cherchez-vous ?", ils répondent par une autre question : "Rabbi (c'est-à-dire : Maître), où demeures-tu ?". La réponse de Jésus est une invitation : "Venez et vous verrez" (cf. Jn 1, 38-39). Venir pour pouvoir voir. L'aventure des Apôtres commence ainsi, comme une rencontre de personnes qui s'ouvrent l'une à l'autre. Une connaissance directe du Maître commence ainsi pour les disciples. Ils voient où il demeure et commencent à le connaître. En effet, ils ne devront pas être les annonciateurs d'une idée, mais les témoins d'une personne. Avant d'être envoyés évangéliser, ils devront "demeurer" avec Jésus (cf. Mc 3, 14), établissant avec lui une relation personnelle. Sur cette base, l'évangélisation ne sera autre qu'une annonce de ce qu'ils ont vécu et une invitation à entrer dans le mystère de la communion avec le Christ (cf. 1 Jn 13).

1.11.06

Citation Benoit XVI (22)

Benoît XVI (22)
Audience générale, mercredi 22 mars 2006, §2

Selon le récit de Marc (1, 16-20) et de Matthieu (4, 18-22), le cadre de l'appel des premiers Apôtres est le lac de Galilée. Jésus a depuis peu commencé sa prédication du Règne de Dieu, lorsque son regard se pose sur deux paires de frères : Simon et André, et Jacques et Jean. Ce sont des pêcheurs, occupés à leur travail quotidien. Ils jettent les filets, les préparent. Mais une autre pêche les attend. Jésus les appelle avec décision et ils le suivent aussitôt : désormais, ils seront "pêcheurs d'hommes" (cf. Mc 1, 17 ; Mt 4, 19). Luc, tout en suivant la même tradition, fait un récit plus élaboré (5, 1-11). Il montre le chemin de foi des premiers disciples, en précisant que l'invitation à se mettre à la suite de Jésus leur est faite après avoir écouté sa première prédication et fait l'expérience des premiers signes prodigieux accomplis par lui. En particulier, la pêche miraculeuse constitue le cadre immédiat et offre le symbole de la mission de pêcheurs d'hommes qui leur a été confiée. Le destin de ces "appelés" sera désormais intimement lié à celui de Jésus. L'apôtre est un envoyé, mais plus encore, un "expert" de Jésus.

31.10.06

Citation Benoit XVI (19)

Benoît XVI (19)
Angelus, Dimanche 7 août 2005, Castel Gandolfo

Les Mages adorèrent l'enfant de Bethléem, reconnaissant en Lui le Messie promis, le Fils unique du Père, comme affirme saint Paul, "car en lui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité" (Col 2, 9). Une expérience semblable, dans un certain sens, a été faite par les disciples Pierre, Jacques et Jean - comme le rappelle la Fête de la Transfiguration, célébrée précisément hier - auxquels Jésus, sur le Mont Thabor, révéla sa gloire divine, en annonçant la victoire définitive sur la mort. A travers la Pâque, ensuite, le Christ crucifié et ressuscité manifestera pleinement sa divinité, offrant à tous les hommes le don de son amour rédempteur. Les Saints sont ceux qui ont accueilli ce don et sont devenus les véritables adorateurs du Dieu vivant, l'aimant sans réserve à chaque instant de leur vie. Avec la prochaine rencontre de Cologne, l'Eglise veut reproposer à tous les jeunes du troisième millénaire cette sainteté, sommet de l'amour.